Hausse des prix des grandes marques alimentaires : ce vendredi, notre panier-témoin n'avait pris que 9 centimes

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TEST - Panzani, Danone, Ricard... les prix des produits alimentaires des grandes marques ont commencé à gonfler ce vendredi dans les supermarchés et les hypermarchés. La grande distribution a cependant plus d'un tour dans son sac pour amortir le choc pour ses clients. Notre panier-test de vingt produits n'avait ainsi augmenté, à ce stade, que de 9 centimes (sur un total de 47 euros).

De quelques centimes à près de deux euros de plus : les prix de certains produits alimentaires de la grande distribution ont augmenté entre jeudi 31 janvier et ce vendredi 1er février. Comptez parmi tant d'autres exemples : +1 centime pour les six Danette au chocolat, + 2 centimes pour 300 grammes de biscottes en marque de distributeur, +8 centimes pour 500 grammes de spaghetti Panzani, + 10 centimes pour un plat pour bébé Blédichef, + 14 centimes pour un paquet de Prince de Lu, +26 centimes pour un litre d'huile Isio 4 et carrément +1,85 euro pour un litre de Ricard. Pour pointer ces évolutions fulgurantes, LCI a constitué une liste de courses alimentaires sur le site d'une enseigne proposant du Drive. Et une partie des tarifs a bel et bien bougé en une nuit.


Ces augmentations sont la conséquence de la Loi alimentation. Entrée en vigueur ce vendredi, elle interdit désormais aux distributeurs de vendre à prix coûtant des centaines de produits non agricoles. Le seuil de revente à perte est en effet relevé de 10%, c'est-à-dire que les enseignes sont dorénavant obligées d'appliquer une marge d'au moins 10% -auparavant, elles avaient l'habitude de la rogner au maximum sur toute une série de produits d'appel. 


Cette mesure est censée compenser le fait que la grande distribution s'est engagée, en parallèle, à mieux rémunérer les producteurs laitiers et agricoles. Interrogé par l'AFP à la suite d'un article du Parisien annonçant des hausses de 5 % à 6% sur de nombreux produits de grandes marques, le ministre de l'Agriculture avait reconnu jeudi que le prix à payer pourrait augmenter "beaucoup" pour 4% des produits alimentaires de grande consommation. 

Un remboursement indirect via la carte de fidélité

Toutefois, craignant sans doute que les clients soient rebutés par cette inflation si soudaine, les enseignes semblent avoir trouvé des parades.  A l'instar de cet hypermarché de l'Ouest parisien dans lequel nous nous sommes rendus deux fois à deux jours d'intervalle : jeudi 31 janvier et ce vendredi 1er février dans la matinée. Selon nos relevés, les changements sur l'étiquette avaient déjà été opérés sur de nombreux produits phares des seuls rayons boissons, à ce stade en tout cas.


Mais dans ce laps de temps, pour amortir le choc, des dizaines de pastilles avaient aussi déjà été apposées devant les articles impactés. Portant la mention "prime grande marque", elles promettent de créditer la différence (voire davantage) sur les comptes fidélité de leurs clients : 5 centimes pour une bouteille de Fanta ou de Pepsi max, 10 centimes pour du sirop de grenadine Teisseire ou un litre de jus d'orange Joker, 20 centimes pour un pack de Contrex, 50 centimes pour un litre de whisky Jack Daniel's ou J&B, carrément 1 euro pour le Label 5 ou le rhum Old Nick. Et, c'est d'ailleurs le maximum possible, 1,50 euro pour le litre de Ricard, passé dans cette grande surface-là de 19,60 à 20,43 euros (soit près de deux fois la différence de 83 centimes). 

L'enseigne a également eu le temps de suspendre de grandes affiches en tête de rayon annonçant que l'opération s'appliquait dès ce vendredi "sur des centaines de produits". Les pastilles devraient ainsi se multiplier sous peu dans les autres rayons alimentaires. Dans la même veine, un autre distributeur a d'ores et déjà annoncé son intention de baisser les prix de sa marque maison, sachant que les marges sont généralement plus importantes sur ce type de produit. Objectif : faire que progressivement un panier de course mixant des grandes marques et des marques de distributeur ne coûte finalement pas  plus cher qu'avant la réforme sur le seuil de revente à perte.


En attendant, dans notre grande surface test, ce vendredi, les fruits et légumes et les articles de la marque maison étaient peu ou prou au même prix que la veille. Ainsi notre panier (détails ci-dessous*) de vingt produits alimentaires, y compris des fruits et des légumes, coûtait 47,41 euros jeudi et 47,50 euros vendredi matin, en raison de quelques variations de prix (à la hausse mais aussi à la baisse) déjà effectives.  Reste à savoir ce qu'il en sera quand tous les rayons auront été re-étiquetés. 



*Ce panier, dont le contenu a été choisi de façon aléatoire, contient un kilo de carottes (1,89 euro le 31 janvier et 1,79 le 1er février au matin), un kilo de pommes de terre (2,19 euros les deux fois), 1 kilo de pommes gala (2,95 euros les deux fois), une laitue (1,39 euro les deux fois), quatre tranches de jambon Herta (2,49 euros les deux fois), une plaquette de beurre Président (2,04 euros les deux fois), vingt tranches de colin d'Alaska panés de marque de distributeur (4,98 euros les deux fois), 500 grammes de coquillettes de marque de distributeur (0,51 euro les deux fois), 250 grammes de café moulu Carte noire (3,39 euros les deux fois), un lot de deux paquets de gâteaux fourrés au chocolat de marque de distributeur (1,80 euros les deux fois), un lot de deux plaquettes de Crunch (1,56 euro puis 1,65 euro), un litre de jus d'orange Joker avec pulpe (1,76 euro les deux fois), un petit bocal de petits pois et carottes de marque de distributeur (0,92 euro les deux fois), un fromage Coeur complice de marque de distributeur (2,12 euros puis 2,23 euros), quatre petits pots de légumes pour bébé Blédina (2,47 euros les deux fois), des Chocapic (2,28 euros les deux fois), un pot de Nutella de 800 grammes (4,49 euros les deux fois), six œufs fermiers Label rouge Matines (2,45 euros les deux fois), quatre yaourts nature velouté Danone (1,15 euro  les deux fois),un paquet de seize yaourts aux fruits mixés de marque de distributeur (2,70 euros puis 2,69 euros), sachet de vingts croissant Pasquier (1,88 euros les deux fois)

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