Il rachète un labo et augmente de 5000% le prix d'un médicament pour les malades du cancer et du sida

Mon argent

WORLD COMPANY - Cet homme incarne tout ce que vous allez détester du pire capitalisme sans vergogne.

Il s'appelle Martin Shkreli, il a 32 ans et un gros fond d'investissement. Avec ce fond d'investissement, il a racheté une entreprise pharmaceutique. C'est son droit. C'est le business. Oui, mais voilà : c'est un business qu'il a décidé de rentre peut-être un peu trop juteux. 

Au mois d'août dernier, sa société Turing Pharmaceuticals a racheté un médicament dont il a fait augmenter le prix. Il ne l'a pas doublé. Il ne l'a pas décuplé. Le prix du comprimé est passé de 13,50 dollars à 750 dollars, a rapporté The Independant . Une augmentation de plus de 5000%. 

Un médicament utilisé par les malades du cancer et du sida

Le Daraprim, aussi appelé pyriméthamine , est un médicament utilisé depuis plus de 60 ans pour traiter la toxoplasmose. Vous pensez que cela ne concerne pas grand monde ? Détrompez-vous. La toxoplasmose est une affection fréquente des malades du cancer et du VIH dont les systèmes immunitaires sont défaillants. Et ce médicament n'a pas d'alternative générique.

Ajoutez que la couverture maladie aux Etats-Unis n'a rien à voir avec notre Sécu et vous comprendrez pourquoi, depuis 24 heures, Martin Shkreli passe pour un salaud sur les réseaux sociaux. Même Hilary Clinton, la candidate à la primaire démocrate pour l'élection présidentielle américaine, s'en est mêlée. 

Des politiques mais aussi des organisations médicales américaines ont protesté pour dénoncer l'augmentation "injustifiable" du prix du Daraprim (qui ne coûtait pas plus d'un dollar il y a encore quelques années, c'est dire s'il est amortit). Une augmentation qui touche au portefeuille et à la vie de "patients vulnérables".

Arrogant, têtu et récidiviste

Du New York Times à USA Today, les grands quotidiens américains ont aussi condamné unanimement l'homme, pour sa décision mais aussi pour son attitude arrogante. Traitant ici d'"imbécile" un journaliste qui lui demandait pourquoi il avait augmenté le prix du Daraprim, citant là Eminem dans un tweet : "J’ai l’impression que les médias me pointent du doigt. Alors je les pointe à mon tour, mais pas avec l’index ni l’auriculaire" – entendez le majeur. 

La "morale" de l'histoire ne l'est pas plus. Alors qu'une dernière opportunité lui est donnée d'éteindre la polémique" et de revenir sur sa décision : "Allez-vous changer le prix du médicament", sa réponse est longtemps demeurée têtue (voir l'extrait vidéo suivant). 

Interrogé ce mercredi par NBC News , le bad boy de l'industrie pharmaceutique a toutefois concédé réfléchir à une baisse des prix : "Cela semble logique au vu de la colère qu'ont ressenti les gens".

L'homme d'affaires n'est pas à son coup d'essai. Avec une autre société qu'il a fondée, Retrophin, il avait déjà racheté par le passé des médicaments et fait exploser leur prix. Cette entreprise le poursuit aujourd'hui en justice : elle l'accuse d'avoir utilisé l'argent de l'entreprise pour rembourser des investisseurs et lui réclame 65 millions de dollars.

Business is business. 

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