Ils peuvent dépenser plus de 1.000 euros par an : les Français addicts aux jeux de plus en plus nombreux

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EXCÈS - Les Français jouent moins mais misent plus, si bien que la part des joueurs "en difficulté" ou "excessifs" avec les jeux d'argent et de hasard a augmenté ces dernières années, selon une vaste étude publiée ce mardi. Ils sont désormais 1,3 million à en avoir une pratique dite "problématique".

Alors que des millions de personnes à travers l'Europe vont tenter leur chance ce mardi 30 juin à l'EuroMillions dans l'espoir de remporter une cagnotte qui s'élève désormais à 61 millions d'euros, une vaste étude publiée passe au crible les habitudes des Français en matière de jeux d'argent et de hasard. Il en ressort clairement deux constats : ils sont moins nombreux à jouer qu'il y a quelques années. Mais ils misent plus.

Qu'il s'agisse de loterie, paris hippiques et sportifs ou encore poker, 47,2% des personnes âgées de 18 à 75 ans déclarent en effet avoir joué au moins une fois dans l'année à l'un d'eux, contre 56,2% en 2014, selon cette enquête menée conjointement par Santé publique France, l'Observatoire français des jeux et l'Observatoire des drogues et des toxicomanies.

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Côté dépenses, les joueurs consacrent en moyenne de l’ordre de 400 euros par an à ces activités, soit une hausse de 12,5% sur cinq ans. Il existe cependant de grandes disparités d'une personne à l'autre. Une majorité n'y consacre en effet que des sommes modestes : la moitié déclare en tout cas ne pas dépasser les 72 euros par an. Mais pour un joueur sur dix, la dépense dépasse les 1.000 euros par an. Au point que 82,8% de la dépense totale se concentre sur 10% des joueurs (et même 49% de la dépense sur 1% d'entre eux). 

Ces pratiques devenues plus intensives, "peuvent paraître préoccupantes", écrivent les auteurs de l'étude. Le jeu dit "problématique" concerne en effet désormais près de 1,4 million de personnes. Parmi elles, deux catégories sont à distinguer :

• 1 million de joueurs à risque modéré, c'est-à-dire en difficulté mais n'ayant pas perdu le contrôle. Ils représentent 4,4% de d'ensemble des joueurs (contre 3,8% cinq ans plus tôt).

•  370.000 joueurs excessifs, tombés dans l'addiction. Fait alarmant, leur proportion a doublé en cinq ans pour atteindre 1,6% (contre 0,8% auparavant).

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À eux seuls, ces 6% de joueurs problématiques (excessifs ou à risque modéré) génèrent près de 40 % du chiffre d’affaires des différentes activités. Leur portrait robot ? Plutôt des hommes, plus jeunes que l'ensemble des joueurs, de milieux sociaux modestes, ayant un niveau d’éducation et des revenus inférieurs à leurs homologues. Ils sont également plus fréquemment chômeurs que l'ensemble des joueurs et moins souvent retraités.

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La privatisation de la FDJ

"En terme de santé publique, on est très loin des autres addictions comme l'alcool ou le tabac, qui touchent beaucoup plus de personnes. Mais il y a une augmentation significative du nombre de personnes en difficulté" explique à nos confrères de l'AFP Jean-Michel Costes, directeur des études à l'Observatoire des jeux. A noter que cet état de lieux a été réalisé avant la privatisation de La Française des jeux, intervenue fin 2019. Cette privatisation s'est accompagnée de la création toute récente (le 23 juin) d'un gendarme des jeux dont l'une des missions est, justement, de prévenir le jeu excessif et lutter contre l'addiction. Jusqu'alors, seuls les jeux en ligne étaient sous la coupe d'une autorité indépendante.

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