Info/Infox : les impôts ont-ils baissé en France depuis 2017 ?

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POUVOIR D'ACHAT - Ce samedi, nous nous sommes penchés sur les déclarations d'Emmanuel Macron, qui a affirmé dimanche 14 juin que le poids des impôts pour les ménages français avait diminué depuis le début du quinquennat d'Emmanuel Macron.

“Nous ne financerons pas ces dépenses en augmentant les impôts. Notre pays est déjà l'un de ceux où la fiscalité est la plus lourde, même si depuis trois ans, nous avons commencé à l'abaisser". C'est ce que déclarait Emmanuel Macron, dimanche 14 juin, alors qu'il abordait la question du financement des mesures pour soutenir la crise économique qui suit la crise sanitaire. Est-ce vrai ? 

Une baisse des impôts, oui...

Dans l'ensemble, oui. Le poids des impôts a effectivement diminué pour les ménages français, suite à plusieurs mesures. On peut d'abord citer la suppression progressive de la taxe d'habitation, la suppression très controversée de l'ISF, la bascule des cotisations sociales vers la CSG. Des réformes qui se sont accélérées en 2019, avec les mesures prises en réaction à la crise des Gilets jaunes, qui vit notamment adoptée l'exonération sociale et fiscale des heures supplémentaires. 

Associée à l'augmentation de certaines prestations sociales comme la prime d'activité, cette politique permet de dire qu'effectivement, l'Etat a rendu du pouvoir d'achat aux Français : 17,7 milliards d'euros sur les trois dernières années, mesure l'Institut des Politiques publiques, un institut de recherche qui analyse les réformes fiscales.

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Pourtant, dans le détail, ces réformes fiscales n'ont pas  concerné tous les Français de la même manière. Il y a effectivement des gagnants et des perdants. Comme l'indiquait dans un rapport récent l'Observatoire français de la conjoncture économique, le public le plus favorisé par ces politiques fiscales se trouve d'abord parmi les classes moyennes actives, qui ont bénéficié des baisses de cotisations sociales. L'autre catégorie gagnante sont les ménages les plus aisés, qui gagnent plus de 20.000 euros par mois, et ont bénéficié à plein de la réforme de l'ISF et de la flat-tax.

Parmi les perdants, on compte les plus modestes, ceux qui gagnent moins de 800 euros par mois. Certes, ils ne paient pas d’impôts, mais ils subissent la hausse de certaines taxes comme celles sur le tabac ou sur l’essence. Les autres perdants sont les retraités les plus aisés, ceux qui gagnent plus de 2500 euros par mois et qui, eux, subissent la hausse de la CSG. Un autre indicateur est également à prendre en compte : le taux de prélèvements obligatoires, soient les impôts et taxes payées par tout le monde. Il s'élève en France à 44%, situant notre pays au sommet de l'échelle européenne. Le prix à payer pour un système social parmi les plus redistributifs.

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