La Caisse d'épargne souhaite tester un système de banquier-entrepreneur : seriez-vous prêt à lui confier vos finances ?

La Caisse d'épargne souhaite tester un système de banquier-entrepreneur : seriez-vous prêt à lui confier vos finances ?
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MUTATION - La Caisse d'épargne Bretagne-Pays-de-Loire envisage de tester dans quelques mois un nouveau modèle d'agence bancaire gérée par des entrepreneurs indépendants. Ces "mandataires exclusifs" seraient surtout amenés à conseiller les clients. Si le gendarme du secteur donne son feu vert, une expérimentation est prévue dans trois agences implantées en milieu rural.

La formule est présentée comme une solution pour maintenir des agences bancaires en milieu rural, voire pour en installer où elles manquent. La Caisse d'épargne Bretagne-Pays-de-Loire envisage dans ce but de confier ses clients à des "conseillers indépendants locaux". La banque régionale projette de mener l'expérience à partir de juin au sein de trois agences de l'Ouest de la France, selon un document présenté en début d'année au conseil social et économique (CSE) de l'entreprise et dont l'Agence France-Presse rapporte ce mardi 18 février les grandes lignes.

Ce projet de test a d'ores et déjà obtenu le feu vert du groupe BPCE (dont font partie les Caisses d'épargne). Pour être mis en place, il doit cependant encore obtenir un agrément de l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution, chargée de superviser le secteur de la banque et de l'assurance. Quels seront alors les garde-fous prévus pour encadrer ces banquiers-entrepreneurs à qui vous pourriez être amenés à demander conseil pour gérer votre argent ?

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Leur rôle

Ces "mandataires exclusifs" de la Caisse d'épargne auront pour mission de suivre les clients existants et d'en démarcher de nouveaux, rapportent Les Échos, qui ont eu accès au document présenté en CSE. Ils travailleront en lien direct avec "des solutions de banque en ligne" du groupe mais la réalisation des "actes de gestion et les opérations bancaires qui découlent de la prestation de conseil" incomberont à la Caisse d'épargne. Le fond de commerce restera quand à lui la propriété exclusive de la banque. Il ne sera donc pas question d'encaisser les chèques ni de délivrer des liquidités. Autrement dit, ce mandataire est essentiellement amené à délivrer des conseils et à accompagner les clients dans leurs projets.

Leur statut

Ces travailleurs indépendants devront être à la tête d'une société anonyme par actions simplifiée (SAS). Il devront disposer d'au moins trois agréments dans les domaines de la banque, de l'épargne et de l'assurance pour pouvoir distribuer les produits de la Caisse d'épargne. Ils devront en outre posséder un ou plusieurs diplômes reconnus et avoir une expérience soit de deux ans comme cadre dans une banque ou chez un assureur, soit avoir réalisé un stage d'au moins 150 heures "auprès d'un organisme de formation ou d'autres acteurs du secteur".  

Les craintes

Ces entrepreneurs seraient choisis en priorité parmi "les salariés volontaires" de la Caisse d'épargne... qui sortiraient donc du salariat, selon les précisions données par le président du directoire de la caisse régionale au Parisien. Leurs revenus dépendraient de leur activité (par exemple la croissance de l'encours) et des des commissions versées par la banque sur les souscriptions des clients à différents produits. Ce qui ne manque pas de faire bondir notamment le président du Syndicat national de la banque et du crédit : il craint en effet de voir arriver des "vendeurs", au lieu de conseillers, incités à placer le maximum de produits financiers.

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