Le prix des carburants égale (presque) le pic d'octobre 2018 : pourquoi la hausse devrait se poursuivre

Mon argent

Toute L'info sur

La colère des Gilets jaunes

INFOGRAPHIES - En nette hausse depuis plusieurs semaines, les prix à la pompe se rapprochent de plus en plus du pic de début octobre, qui avait marqué le début de la contestation des Gilets jaunes. Fin avril, pour le Super SP95, l'écart n'est ainsi que d'un petit centime. En cause : le rebond des cours du pétrole liés au durcissement des relations entre les Etats-Unis et l'Iran.

Mauvais signe pour les prix à la pompe : le cours du Brent a dépassé les 75 dollars ce jeudi 25 avril. Ce baril de 159 litres de pétrole brut, qui constitue la référence en Europe, ne s'était pas échangé pour aussi cher depuis six mois. Une fois raffiné, cet or noir sera distribué dans quelques semaines dans les stations services. Mais déjà, l'envolée de son cours est susceptible de confirmer la tendance à la hausse des tarifs des carburants observée depuis Noël.

S'affichant la semaine dernière en moyenne à 1,5633 euro le litre (données publiées lundi par le gouvernement), le Super SP95 frôle ainsi d'ores et déjà son plus haut de l'an dernier (1,5735 euro). A l'époque, ce rebond du prix de l'essence avait été observé la deuxième semaine d'octobre, juste après un pic du cours du Brent à près de 87 dollars le baril (le 3 octobre).

Lire aussi

Le diesel, pour sa part vendu en moyenne à 1,4671 euro la semaine dernière, avait également connu une hausse marquée au début de l'automne (1,5331 euro). Son prix, caractérisé par un rapprochement inédit avec celui de l'essence, avait suscité la colère des Gilets jaunes et ouvert la voie au mouvement social plus large qui perdure actuellement. 

Si l'écart reste notable pour le diesel (actuellement à 7 centimes de son plus haut de l'an dernier), la marge est donc en revanche minime pour l'essence (à peine un centime).

Comme l'infographie ci-dessus le met en évidence, les prix de l'essence et du diesel sont corrélés avec ceux du pétrole, directement liés eux-mêmes à la géopolitique. Ainsi, le cours du Brent connait actuellement un nouveau soubresaut, en raison de l'embargo total sur le pétrole iranien annoncé lundi par les Etats-Unis. Donald Trump a en effet signifié l'annulation des exemptions accordées à certains pays qui continuaient d'en importer. 

Outre ces aspects diplomatiques susceptibles de jouer sur l'offre et la demande, les prix à la pompe prennent aussi en compte la transformation, la distribution, la marge commerciale ainsi que le taux de change entre l'euro et le dollar. Sans oublier les différentes taxes appliquées au carburant, dont la TICPE (Taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques), qui rappelons-le, n'a pas bougé depuis janvier 2018. 

A noter que les prix des carburants communiqués par le gouvernement sont des moyennes. Elles n'empêchent aucunement les pompistes de pratiquer les prix qu'ils souhaitent. Pour trouver la station la moins chère à côté de chez vous, vous pouvez consulter ici notre carte interactive.

Lire et commenter