Les Français épargnent… mais paient à crédit : comment expliquer ce paradoxe ?

Les Français épargnent… mais paient à crédit : comment expliquer ce paradoxe ?

ÉCONOMIES - Alors que les Français n’ont jamais autant placé d’argent sur leur livret A, la consommation repart à la hausse depuis le mois d’août en utilisant notamment les prêts à la consommation. Se dirige-t-on vers une "américanisation" de la manière de consommer en France ?

Acheter à crédit plutôt que payer "cash" : une tendance déjà observée pendant le confinement et qui se confirme aujourd'hui. Selon une étude de Cofidis, près de la moitié des Français déclarent préférer souscrire un crédit à la consommation plutôt que puiser dans leur épargne. 

Et ce, alors que les taux d'épargne sont au plus haut. Depuis le mois de mars et le début de la crise sanitaire, les Français ont mis de côté quelque 26 milliards d'euros, soit presque 20% de plus que l’an dernier à la même période. "Vous avez d’un côté des Français plutôt aisés qui par stratégie financière vont plutôt profiter des taux bas et ainsi laisser leur épargne fructifier avec des taux plutôt intéressants. Et de l’autre, des Français qui vont souscrire à des crédits mais plutôt pour des petits montants et sur une courte période pour palier à la baisse de leur pouvoir d’achat", explique Mathieu Escarpit, directeur marketing Cofidis. 

Un comportement bien connu en temps de crise. "Les gens veulent consommer tout en conservant leur épargne en vue d’éventuels soucis financiers ou de problème de santé", décrypte Mathieu Escarpit. Un phénomène que l’on observe notamment parmi les catégories les plus fragiles. Parmi eux, 30% des personnes interrogées déclarent y songer, selon l'étude de Cofidis

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L'achat par carte bleue en trois ou quatre mensualités est de plus en plus plébiscité.- Mathieu Escarpit, directeur marketing Cofidis.

Depuis le mois d’août, la consommation dans les magasins est repartie à la hausse : +2,3 % en volume selon l'Insee, après - 0,9 % en juillet. Cette hausse est notamment portée par la consommation en biens fabriqués (+3,6 %) précise l'institut de statistiques. "Lorsqu'il y a une crise, les Français n’ont pas confiance dans l’avenir. Ils ont peur de s’engager. Ils vont plutôt avoir tendance à opter pour des crédits à la consommation pour des petits montants et sur une courte période, pour l'achat d'un smartphone, d'une télévision ou encore d'un appareil électroménager", explique Mathieu Escarpit. "A l'inverse, ils évitent de se lancer sur des grands projets de rénovation avec des montants et des durées qui peuvent être très engageantes", poursuit-il.  "Typiquement, l’achat par carte bleue en trois ou quatre mensualités est de plus en plus plébiscité. Chez Cofidis, ce type de crédit a enregistré une hausse de 25% depuis le mois de mars. C'est aussi le cas pour la location avec option d’achat", précise-t-il.

Autre raison avancée pour expliquer la hausse du nombre de recours à des crédits à la consommation, les achats en ligne. Ainsi, 34% des Français souhaitent souscrire un crédit sur Internet, selon l'étude Cofidis. "Les sites marchands proposent tous aujourd'hui des crédits à la consommation, ce qui a également participé à la hausse du nombre de prêts souscrits par les ménages", soutient Mathieu Escarpit. Bien qu'en terme de volume le nombre de crédits à la consommation est en baisse par rapport à l'an dernier, le recours à des prêtspour des petits achats devrait se poursuivre. De manière générale, selon l'étude de Cofidis, un Français sur cinq envisage aujourd'hui de souscrire à un crédit à la consommation au cours des prochains mois. Attention toutefois, ces crédits s'accompagnent d'intérêts qu'il faudra bien évidemment rembourser. 

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