Maladie de longue durée : pris en charge à 100% par la Sécu, ils doivent encore payer

Maladie de longue durée : pris en charge à 100% par la Sécu, ils doivent encore payer

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REMBOURSEMENT - Un Français sur six souffre d'une affection de longue durée. Celles-ci sont prises en charge à 100% par l'Assurance maladie. Dans les faits, entre les frais de santé indirectement liés à la maladie et le forfait hospitalier, ceux-ci gardent à leur charge en moyenne 752 euros par an.

Un patient transplanté du rein n'aura rien à payer pour les médicaments immunodépresseurs qu'il devra prendre à vie pour éviter le rejet de la greffe. Une personne qui vit avec le VIH n'aura pas à payer les médicaments de trithérapie ni ceux destinés à diminuer les effets secondaires. Un diabétique n'aura pas à payer sa pompe à insuline. Et pour cause, comme 11,5 millions d'autres patients, ces personnes souffrent d'une affection longue durée (ALD) qui donne droit à une prise en charge à 100% par l'Assurance maladie pour les frais concernant l'affection en question.


Mais être remboursé à 100% ne veut pas dire que tous les frais de santé disparaissent totalement. En moyenne ces personnes en ALD y sont de leur poche à hauteur 752 euros par an, soit 12% de leurs dépenses de santé moyennes sur l'année (6296 euros), selon une étude menée par l'Observatoire citoyen des restes à charge en santé, composé du Collectif interassociatif sur la Santé, qui rassemble 60 millions de consommateurs, des associations de patients et le réseau de soins Santéclair.

Forfait hospitalier et dépassements d'honoraires

Comment expliquer ces dépenses ? Seuls les soins directement liés à la maladie de longue durée sont pris en charge à 100% par l'Assurance maladie. Ainsi des soins mal remboursés par la Sécu tels que la paire de lunettes à remplacer, la carie à soigner ou la prothèse dentaire à poser, ou encore les consultations de médecins qui pratiquent des dépassements d'honoraires, engendrent un reste à charge. 


Sans oublier qu'en cas d'hospitalisation, le forfait hospitalier qui s'élève à 18 euros par jour (davantage en cas de chambre individuelle ou de forfait télévision) reste dû par le patient, même s'il bénéficie du 100% ALD. Des dépenses qui peuvent être plus ou moins bien prises en charge par la mutuelle, à condition toutefois d'en avoir une.

844 euros pour une patiente soufrant d'un cancer du sein

Problème, certains des soins non pris en charge sont pourtant quand même liés à la maladie. Même indirectement. Ainsi, un diabétique peut dépenser 324 euros par an pour une séance mensuelle chez un podologue pour prévenir des complications propres à cette maladie qui peut faire perdre la sensibilité du pied.Une personne dialysée ayant une insuffisance rénale chronique débourse en moyenne 900 euros par an pour des prothèses dentaires alors que cette maladie dégrade les dents. Une patiente opérée pour un cancer du sein garde à sa charge en moyenne 844 euros de dépenses sans même compte l'achat de soutiens-gorge adaptés après l'ablation du sein, coûtant au moins 60 euros.

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