Loi Duflot : les loyers augmentent (beaucoup) moins qu'avant à Paris

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LOCATION - Les loyers parisiens ont à peine augmenté en 2016 (+1,2%). On est loin du rythme effréné des hausses observées jusqu'à 2012. L'encadrement des loyers de la loi Alur, que le président Macron pourrait "progressivement débrancher", n'y est pas étrangère.

C'est une victoire (modérée) pour la loi Duflot : à Paris, les loyers continuent de monter... mais moins qu'avant. En 2016, les emménagements dans des logements non meublés du parc privé ont donné lieu à une augmentation moyenne de 1,2% entre l'ancien et le nouvel occupant, selon les premières estimations de l'enquête annuelle de l'Observatoire des loyers de l'agglomération parisienne (Olap), publiés le 19 mai 2017 et dont les résultats définitifs seront connus en juin.


Une hausse quasiment au même niveau qu'en 2015 (1%), qui confirme le fléchissement constaté depuis 2014, sans pour autant parvenir à inverser la courbe dans la capitale. Des majorations qui restent très en dessous des hausses de plus de 8% par an de 2007 à 2012 avec une envolée de plus de 10% en 2011. Les relocalisations se sont ainsi conclues en moyenne à 24,9 euros/m² contre 24,8 euros/m² en 2015. 

+0,2% en petite couronne et -0,6% en grande couronne

Cette majoration moyenne reste tout de même trois fois supérieure à celle observée dans l'ensemble de l'agglomération parisienne, où les loyers ont pris 0,4% en un an. Ce qui reste la plus faible progression depuis 2001. En détails, les loyers à la relocation ont quasiment stagné en petite couronne (0,2%) et même reculé en grande couronne (-0,6%). Deux zones non soumises à l'encadrement des loyers.


Deux principaux facteurs peuvent expliquer cette modération du montant des quittances : d'une part, les décrets annuels de limitation de la hausse des loyers pris chaque année depuis 2012, d'autre part l'entrée en vigueur de l'encadrement des loyers en 2015 prévu dans la loi Alur portée par Cécile Duflot.

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Qu'adviendra-t-il les prochaines années ? Pendant la campagne qui l'a conduit à l'Elysée, Emmanuel Macron avait reconnu que l'encadrement des loyers avait permis "une petite modération" de ceux-ci tout en pointant les effets pervers de la loi tels que le manque de mobilité et la fuite des investisseurs. Le nouveau président s'était néanmoins opposé à la suppression brutale de ce dispositif, penchant davantage pour le "débrancher progressivement". A en croire son programme, le chef de l'Etat mise surtout sur l'exonération de la taxe d'habitation pour 80% des contribuables pour soulager leurs finances. 

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