Macron veut créer une retraite minimale : quelles différences avec le minimum vieillesse ?

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La réforme des retraites, dossier explosif pour l’exécutif

REPÈRES - Le projet de réforme des retraites prévoit que les pensions s'élèveront au minimum à 1.000 euros pour une carrière complète. Ce changement viendrait améliorer le système actuel et perdurerait en parallèle du minimum vieillesse. L'occasion de rappeler l'existence de deux dispositifs destinés à améliorer les revenus des retraités très modestes.

C'est une voix dissonante qui s'élève alors que la grève s'annonce massive (et reconductible) ce jeudi 5 décembre. La présidente de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA) assure en effet que les agriculteurs ne se joindront pas au mouvement social contre la réforme des retraites. Faisant référence aux pensions de 1.000 euros minimum promises pour une carrière complète, Christiane Lambert s'est en effet dite favorable ce mardi, à l'issue d'un entretien avec le Premier ministre, au projet si contesté.  

"Pour le secteur agricole, nous espérons que la réforme sera bénéfique. Nous sommes aujourd'hui l'un des secteurs les plus mal lotis en termes de retraites : 780 euros en moyenne pour les hommes, 580 euros en moyenne pour les femmes. Sur une carrière complète, c'est misérable de toucher ce niveau", a-t-elle ainsi déclaré. 

L'occasion de rappeler que ce possible futur minimum de pension à 1.000 euros est à distinguer du "minimum vieillesse", pour sa part formellement remplacé depuis 2006 par l'allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa).  

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La retraite à 1.000 euros minimum est une promesse d'Emmanuel Macron, formulée une première fois en avril puis réitérée en octobre. Elle serait réservée aux personnes partant à la retraite à l'issue d'une carrière complète mais ayant peu cotisé en raison notamment d'un faible salaire ou d'un  temps partiel. 

Pour l'heure, le dispositif du minimum contributif permet déjà d'améliorer le montant des toutes petites pensions de ceux qui ont cotisé la durée légale (variant de 41 ans et 9 mois à 43 ans selon les générations) ou dépassé l'âge de retraite à taux plein (67 ans). Il est actuellement fixé à 81% du smic net pour le salariés (974,4 euros) et 75% (902,2 euros) pour les agriculteurs. A noter que lorsque l’intéressé n'a pas toujours été agriculteur, le montant de sa pension minimale est calculée au prorata de sa durée de cotisation en tant qu'agriculteur. Au total, près de 5 millions de retraités bénéficient actuellement de ce coup de pouce. 

Dans son document présenté en juillet, le haut-commissaire aux retraites Jean-Paul Delevoye prévoyait de le revaloriser à 85% du smic pour ceux qui partiront à la retraite après l'entrée en vigueur de la réforme, initialement prévue pour 2025. Au niveau actuel du smic, les 1.000 euros seraient ainsi même un peu dépassés. 

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Minimum vieillesse : une prestation sociale non liée aux cotisations retraite

Le minimum vieillesse est quant à lui une prestation sociale versée sans contrepartie de cotisation ni de durée de travail. Il permet de garantir un revenu de 868,20 euros par mois (10.418,40 euros par an) pour une personne seule et de 1.347,88 euros par mois (16.174,59 euros par an) pour un couple marié. Il s'agit d'un montant de référence. Autrement dit, il ne s'agit pas de verser cette somme en entier mais seulement d'apporter un complément de ressources pour l'atteindre. 

Cette prestation s'adresse donc aux personnes âgées disposant d'une retraite très réduite ou inexistante. Celles-ci doivent généralement avoir au moins 65 ans (60 ans dans certains cas). À noter qu'il est prévu que ce montant mensuel soit augmenté de 35 euros en 2020, après l'avoir déjà été de 30 euros en 2018 et de 35 euros en 2019. Il est ainsi censé atteindre 903 euros l'an prochain. Près de 500.000 personnes en bénéficient actuellement. 

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