Mariage : et si vous choisissiez une cérémonie laïque sur-mesure ?

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TENDANCE – Plus solennelle qu’un passage à la mairie et plus fun qu’une bénédiction à l’église, la cérémonie laïque rencontre un succès grandissant auprès des futurs époux.

Fabrice et Elsa se sont dits "oui" en juillet dernier sur la terrasse des salons Hoche, à Paris, devant leurs familles et amis réunis. Il est juif, elle est catholique. Mais ni prêtre ni rabbin n’ont été conviés à célébrer cette union. C’est Emmanuel Carat, un comédien spécialisé dans l’office de cérémonie laïque, qui a animé la célébration et recueilli le consentement des époux. 

"On s’est longtemps demandé comment faire pour concilier nos deux religions, explique Fabrice, 39 ans. C’est ma mère qui a eu l’idée de faire appel à un officiant laïque." Et ils sont de plus en plus nombreux, couples mixtes ou non-croyants, hétéros, homos ou divorcés, à opter pour ce genre de célébration qui permet aux futurs époux de se marier dans un cadre non-religieux avec toute la solennité mais aussi l’humour qu’un simple passage devant Monsieur le Maire ne peut offrir. 

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"C'est devenu fou, les demandes affluent"

Parce qu’ils ne bénéficient pas d’une reconnaissance légale, impossible de connaître le nombre de mariages ainsi célébrés. Seul indice : l’agenda des officiants qui ne désemplit pas. "De 37 cérémonies en 2011, année où j’ai professionnalisé mon activité, je suis passé à 54 en 2013 et je reçois désormais une à deux demandes par jour", confie Emmanuel Carat. Même constat pour Aude Abadie, qui a fini par quitter en 2012 le poste qu’elle occupait à la BNF pour se consacrer à ce métier qui n’était, au départ, qu’une activité complémentaire exercée "pour le plaisir". "Cette année-là, c’est devenu fou, les demandes ont afflué", dit-elle.

La clé du succès ? L’ultra-personnalisation. "Il s’agit à chaque fois d’un moment unique, à l’image des mariés, indique Emmanuel Carat. On est loin de la cérémonie à la mairie, dépourvue d’émotions, ou du mariage religieux, ponctué de discours anachroniques et non focalisé sur l’histoire du couple".

Une cérémonie vraiment sur-mesure

L’officiant insiste également sur le caractère solennel de cette cérémonie d’engagement qui en fait une alternative tout à fait crédible à l’église notamment aux yeux des personnes divorcées. "Lorsque j’ai décidé de me remarier, l’église n’a pas voulu de moi", confie Alix, un peu amère. Mais au final, cette Parisienne de 45 ans et son mari ne regrettent pas une seconde leur cérémonie laïque. "Je suis arrivée au bras de mon frère, mon mari au bras de sa mère, il y a eu un échange d’alliance solennel, des lectures, des interventions des gens qu’on aimait…"

Si le couple n’a pas choisi ici de s’affranchir des codes de la célébration religieuse, ils ont pu se permettre plus de fantaisies. Et c’est bien là tout l’intérêt de la cérémonie laïque : "Mon mari et moi sommes chasseurs : c’était le thème de notre mariage et l’officiante est vraiment rentrée dedans !", dit-elle.

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Attention aux mauvais officiants ! 

Mais pour que la magie opère, encore faut-il tomber sur la perle rare. Une gageure lorsqu’on découvre sur internet le nombre d’officiants autoproclamés qui se sont engouffrés dans ce marché en pleine explosion. "Le problème est que beaucoup ne se donnent pas la peine d’interroger les mariés, leurs proches, et de travailler des textes uniques. Ils ne font que du copier-coller", se désole Emmanuel Carat qui dit consacrer une vingtaine d’heures à chaque cérémonie. Les "pionniers" ressentent donc le besoin de remettre un peu d’ordre et d’éthique dans la profession. "Cette année, nous avons mis en place un système de formation complet", explique Yacine Bouteldja, co-fondateur d’A deux mains tenant. Au programme : "une partie théorique d’une journée puis une phase pratique, sur un an : les futurs officiants ont la possibilité de nous suivre sur l’organisation d’une cérémonie de A à Z et nous les assistons sur la préparation de leur première cérémonie."

Aude Abadie, qui s’est elle-même tournée vers un organisme de formation américain pour valider ses acquis, veut aller plus loin. Elle milite "pour une véritable formation diplômante qui permettra de légitimer le travail les officiants". Ces derniers devront toutefois continuer à composer avec une autre concurrence : à l’heure actuelle, plus de la moitié des cérémonies laïques restent officiées par un proche des futurs mariés.

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