Mer, montagne, hôtel, camping... à quoi vont ressembler les vacances des Français cet été ?

Mer, montagne, hôtel, camping... à quoi vont ressembler les vacances des Français cet été ?
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TENDANCES - Pour les vacances, comme pour le reste, tout est chamboulé cette année. Destination, type d'hébergement, budget... le tableau est encore flou mais les Français commencent à réserver. LCI a interrogé un expert du tourisme pour y voir plus clair. Une certitude : la saison reste à faire.

Feu vert pour les départs en vacances. Les réservations s'envolent en effet depuis que le gouvernement a levé la règle des 100 km et autorisé la réouverture des hébergements touristiques, villages de vacances et campings depuis le 2  juin en zone verte et à partir du 22 en zone orange. Si ces annonces du 28 mai ont été libératrices, il est cependant certain que les deux mois de confinement passés et le prolongement des gestes barrières jusqu'à nouvel ordre bouleversent les projets des vacanciers. 

"Cet été, tout va changer par rapport aux années précédentes", assure ce jeudi 4 juin à LCI Didier Arino, le directeur de Protourisme, un cabinet d'études spécialisé dans le tourisme. Même si l'horizon se dégage, le retard accumulé ne pourra malheureusement pas être totalement rattrapé. "On est passé de 5% de réservations pendant le confinement (par rapport à la même période l'an dernier) à 40% aujourd'hui : on est donc toujours à moins 60%, très loin du niveau normal.  En ce tout début de mois de juin, on en est au même stade qu'en mars de l'an dernier. Il y a bien sûr une accélération mais l'incertitude demeure", tempère-t-il.

Malgré le recul global, quels sont alors les types d'hébergement choisis en priorité ? Les campings, dont les trois-quarts rouvriront dès cette semaine, pourraient peut-être "sauver les meubles", estime Didier Arino, maintenant que le flou sur l'ouverture des piscines ou des clubs enfants a été clarifié. En effet, "depuis jeudi, on a triplé le nombre de réservations en rythme journalier. On est en phase de rattrapage, mais on imagine peut-être avoir un niveau normal pour la clientèle française", apprécie pour sa part Nicolas Dayot, président de la Fédération de l'hôtellerie de plein air auprès de l'AFP .  

Les Français cherchent aussi à louer entre particuliers (Airbnb, Abritel, Leboncoin...). "La demande porte surtout sur les maisons avec piscine mais il faut savoir que jusqu'ici de nombreux propriétaires avaient préféré retirer leurs biens du marché en attendant d'en savoir plus sur les mesures sanitaires à venir", précise le directeur de Protourisme. En revanche, pour le moment, le choix se porte très peu sur l'hôtellerie : "Les réservations sont très en retard avec un taux d'occupation de seulement 20% pour juillet alors qu'il faudrait 60% à 80% selon les établissements pour que l'activité reste rentable". 

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Pour la location de meublés, de type appartement dans les  zones touristiques, "les écarts sont importants entre les zones de montagne ou rurales et le littoral", indique Didier Arino : "montagne et campagne (qui avaient des taux d'occupation plus faibles que le bord de mer les années précédentes) s'en sortent  mieux actuellement, puisque les Français qui ont déjà réservé ont cherché des endroits avec peu de monde et moins de risque de Covid. Ces zones accusent toutefois des retards de réservation oscillant entre 15% et 25%".  

Les locations en village de vacances sont quant à elles confrontées à un autre phénomène qui pourrait moins les pénaliser : "Après avoir d'abord annulé leurs réservations, les clients vont a priori finalement confirmer leur venue" maintenant qu'ils sont rassurés sur les conditions d'accueil et la possibilité de rejoindre leur lieu de villégiature. Les gros acteurs, qui viennent d'annoncer leur réouverture jouent quant à eux l'optimisme, à l'instar du Club Med qui fait état pour son site internet d'un taux de conversion dont les niveaux avoisinent ceux de l'an dernier.

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Il s'agira de distinguer "les perdants et les gros perdants" car un grand nombre de Français ont fait une croix sur les vacances. - Didier Arino, cabinet Protourisme

Quels seront alors les gagnants et les perdants ? La question ne se pose pas en ces termes, pour Didier Arino, qui estime qu'il s'agira malheureusement de distinguer plutôt "les perdants et les gros perdants". Car de toutes façons, un grand nombre de Français ont fait une croix sur les vacances. "Interrogés à ce sujet pendant le confinement, six millions avaient dit avoir renoncé à partir cet été en raison de la crise sanitaire (dont quatre millions de façon définitive)", rappelle-t-il. 

Qui envisage de faire l'impasse sur les vacances ? Les profils de ceux qui hésitent ou renoncent sont multiples car "les peurs sont ancrées", observe encore Didier Arino : "Familles habitant dans une maison avec piscine (parfois installée pendant le confinement), seniors... qui se décideront peut-être à partir en septembre ou octobre, ou encore professionnels exerçant en libéral qui choisissent de rester pour rattraper leur perte d'activité liée aux deux mois de confinement".

Le budget pourrait se maintenir pour les séjours tout compris mais baisser au global

D'autres, sûrs de partir, vont devoir écourter leur séjour. C'est par exemple le cas d'Héloïse Bajer, une avocate parisienne, qui explique à l'AFP avoir initialement prévu de partir en Corse deux semaines en juillet et deux semaines en août. Elle a finalement renoncé à la première quinzaine du fait du manque d'activité professionnelle pendant deux mois et de la perte de pouvoir d'achat induite. 

Les touristes vont-ils alors se serrer la ceinture ? Pour l'heure, l'incertitude demeure aussi sur le budget qui sera consacré aux vacances d'été. "Il pourrait se maintenir pour les produits packagés (séjours tout compris) mais baisser au global du fait que certains séjours vont être raccourcis (avec des dépenses inchangées à la journée)", répond Didier Arino.  A noter que, l'an dernier, les familles avaient dépensé en moyenne 1.502 euros pour leurs vacances.

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Quid des touristes étrangers ? La proportion les touristes européens qui viendront en France est encore inconnue (les longs courriers ne seront de toute façon pas là). "Ils représentent en temps normal 20% des nuitées l'été et se rendent principalement à Paris et sur la Côte d'Azur", indique notre expert. Deux zones qui risquent donc d'être particulièrement affectées cette année.  En ce qui concerne la clientèle française cette fois, "ce sont les départements qui étaient zone rouge, dans l'est et dans le nord de la France, qui sont aujourd'hui le plus en retard sur les réservations".

Parmi les destinations qui devraient en revanche y perdre le moins, on retrouve notamment "la montagne (Pyrénées et Alpes), les zones rurales ou de moyenne montagne telles que la Corrèze par exemple. A l'inverse, la Dordogne ou l'Ardèche pourraient être plus affectées car elles reçoivent habituellement beaucoup d'Anglais et de Néerlandais", précise le patron de Protourisme. Mais finalement, ce tableau encore flou, est aussi "l'opportunité pour les vacanciers de changer les habitudes et, pourquoi pas, de découvrir des petits opérateurs auxquels on n'aurait pas penser : un séjour annulé sur le littoral basque pourra être remplacé par de belles vacances dans un camping éco-responsable dans l'intérieur des terres". Car tout reste à faire : c'est maintenant que la saison va se jouer. 

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