Alimentation: les prix ont-ils augmenté depuis le début du confinement ?

Alimentation: les prix ont-ils augmenté depuis le début du confinement ?
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À LA LOUPE – Depuis le début du confinement, beaucoup de ménages remarquent un changement lors du passage en caisse : la facture semble avoir augmenté. S'agit-il d'une impression ou d'une hausse réelle ?

Les prix des étiquettes au supermarché se sont-ils envolés ? C'est l'impression que partagent beaucoup de Français depuis le début du confinement, en vigueur depuis le 17 mars. Les commerçants se défendent d'avoir augmenté leurs prix. Les consommateurs affirment pourtant qu'ils dépensent davantage qu'auparavant. Y a-t-il une réelle hausse des prix ou ne s’agit-il que d’une impression ?

Les prix sont restés stables

L'IRI, un institut spécialisé dans l'analyse des prix des produits de grandes consommations a analysé l'évolution des prix de 12.000 points de vente différents - qu'il s'agisse d'hypermarchés, de supermarchés, de commerce de proximité ou des achats en drive - du lundi 25 février au dimanche 24 mars. Son constat semble sans appel : les prix moyens n'ont pas augmenté depuis le début du confinement. 

"Aucune inflation n’est lisible depuis le début de l’épidémie sur les produits de grande consommation." Un constat qui se confirme sur les produits les plus achetés : +0,14% pour le papier toilette, - 0,55% pour le riz et -0,63% pour les pâtes. Une stabilité des prix qui concerne là encore la grande distribution, les supérettes ou les achats en drive. "Les distributeurs n'ont pas profité de cette crise sanitaire pour augmenter leurs prix", assure pour LCI Pascale Mérida porte-parole de l'IRI. 

Une stabilité également notée par l'Insee. "En mars 2020, les prix à la consommation augmentent de 0,6 % sur un an après +1,4 % le mois précédent, selon l’estimation provisoire réalisée en fin de mois", nous apprend leur dernière publication sur l'indice des prix. Attention toutefois, dans ses calculs, l'Insee tient aussi compte des prix de l'énergie ou du tabac. L'IRI, elle, s'appuie sur les seuls achats dans les réseaux de distribution. 

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Un panier moyen plus important

"L'impression d'un ticket de caisse plus élevé s'explique par un panier moyen plus important, poursuit Pascale Mérida, et par le fait que les consommateurs ont du se reporter sur des produits équivalents plus chers à cause des ruptures de stock."

Ainsi, l'IRI a mis en évidence un bon de la valeur du panier moyen de +89% depuis le confinement. Dans le même temps, les visites en hypermarchés et supermarchés ont reculé de -48% depuis la mi-mars. Les Français se déplacent moins pour faire leurs courses et achètent beaucoup plus qu'auparavant. 

Une modification des comportements qui expliquent aussi l'impression d'un panier plus cher. En raison des règles de confinement, les Français se déplacent moins loin pour leurs achats alimentaires et privilégient les points de vente de proximité, habituellement plus chers que leurs homologues loin des centres-villes. 

Les Français achètent différemment

Les Français ont misé sur les produits dits stockables : féculents, farine, plats cuisinés, surgelés, conserves. Sans surprise, les produits d'hygiène connaissent également un pic d'achat : papier toilette, savons, gants, produits vaisselles. 

Sans oublier que les Français qui ont des enfants doivent désormais assurer le déjeuner de leurs écoliers/collégiens/lycéens confinés avec eux et qui étaient jusqu'alors pris, pour les demi-pensionnaires, à la cantine de l'école. Les étudiants sont pour certains revenus au foyer familial quand les personnes en télétravail doivent désormais acheter aussi de quoi préparer le repas du midi. En tout, ce sont 100 millions de repas par semaine qui ne sont plus servis par les cantines et les restaurants.

Les consommateurs privilégient le bio

Depuis le début du confinement, les ventes de produits bio ne se sont jamais aussi bien portées. Le secteur, déjà en forte croissance, creuse semaine après semaine l'écart avec les produits conventionnels, comme l'indique une étude du cabinet Nielsen. 

Les produits bio, globalement plus chers, ont tendance à faire gonfler le ticket de caisse des Français. Antoine Lecoq, consultant analytique chez Nielsen, estime que l’engouement pour ces produits peut aussi s'expliquer par les ruptures de stocks, touchant notamment les pâtes, la farine ou encore les conserves. Les consommateurs ont reporté leurs achats sur des équivalents bio. 

Globalement, les prix sont donc restés stables sauf sur certains fruits et légumes frais, qui représentent 12% des dépenses. "S'il y a une augmentation sur 12% des produits, ça représente 12 à 15 euros par mois et par ménage pour manger des fruits et légumes français" a estimé la présidente de la FNSEA Christiane Lambert. 

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