Parité, un sale air d’inégalité

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EMPLOI – Trois ans après la loi Copé-Zimmermann, qui vise l’égalité hommes-femmes au sein des instances dirigeantes, la France a fait des progrès. Mais elle pèche encore sur les questions de l’égalité salariale et de la mixité des métiers.

Bonne nouvelle : les instances de direction françaises se féminisent. D’après un baromètre publié fin octobre par le ministère des Droits des femmes, la proportion de femmes au sein des conseils d’administration est passée de 26 à 29 % entre 2013 et 2014, et de 18 à 22 % pour les postes les plus importants des entreprises.

Mais il reste encore du travail pour que l’égalité se retrouve à tous les échelons. "Ces évolutions ne concernent que les professions intellectuelles supérieures, alors que la majeure partie de la population reste touchée par des inégalités majeures au travail", estime Anne-Claire Mialot, la secrétaire générale du Laboratoire de l’égalité.

Ecarts de salaires de 20 à 40 %

Sur la question des salaires, la France est l’un des plus mauvais élèves d’Europe, avec des écarts hommes-femmes qui s’élèvent à 20 %, voire 40 % dans des secteurs comme la finance*. "Seuls 12 % des métiers ne sont pas mixtes. Les femmes sont moins présentes aux postes de cadre [35 %] que les hommes, et travaillent plus à temps partiel", explique Anne-Claire Mialot.

Mais les choses s’arrangent, d’après Patrick Dumoulin, le directeur de l’institut Great Place to Work France. "Le nombre d’entreprises candidates à notre palmarès est en augmentation constante, 60 d’entre elles ont été récompensées en 2014. Dans ces entreprises, l’égalité n’est plus une question, c’est une évidence", affirme-t-il.

Lutter contre les stéréotypes

Lauréat 2013 du classement de l’indice boursier SBF 120 récompensant la féminisation des instances dirigeantes, l’opérateur Orange est parvenu à réduire les écarts de salaires à 0,63 %. S’il ne vise pas la parité, "compliquée à obtenir au sein des métiers techniques", rapporte Laurent Depond, directeur de la diversité, le groupe s’est fixé l’objectif de 35 % de femmes dans les instances dirigeantes d’ici à fin 2015, un chiffre qui correspond à la proportion de femmes présentes au sein de l’entreprise.

Pour cela, le groupe a mis en place des enveloppes de rémunération pour réduire les écarts salariaux, tandis que des réseaux de femmes et d’hommes ont été développés pour lutter contre les stéréotypes. Les pères sont aussi encouragés à demander leurs autorisations d’absence lorsque leur enfant est malade. L’objectif ? Mieux répartir le fonctionnement de la vie de famille, "afin qu’il n’incombe plus qu’aux femmes".

* D’après un sondage Equal Pay Day réalisé par le cabinet BPW en avril 2014.

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