Passage à l'heure d'été : 5 questions clés sur le changement d'heure

Passage à l'heure d'été : 5 questions clés sur le changement d'heure

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CONSO - Dans la nuit du samedi 29 au dimanche 30 mars 2014, nous passons à l'heure d'été : il faudra avancer sa montre d'une heure. Metronews vous dit tout sur ce système destiné à faire des économies d'énergie.

Quand a-t-il été mis en place ?
L'idée du changement d'heure vient d'un personnage bien connu du monde scientifique : Benjamin Franklin. En 1784, l'inventeur évoquait déjà cette solution pour faire des économies d'énergie dans une lettre publiée dans le Journal de Paris. Il faudra attendre le 30 avril 1916 pour qu'un premier pays, l'Allemagne, instaure le changement d'heure, suivie de près par l'Angleterre, l'Italie et l'Irlande.

En France, le député André Honnorat reprend l'idée en 1917 : la France alors en pleine guerre est très gourmande en énergie de toutes sortes (électricité, gaz, pétrole). Mais c'est au lendemain du premier choc pétrolier (1 973) que le concept est définitivement adopté dans tout le pays.

Dans quel but ?
En décalant l’heure officielle d’une heure en été par rapport au fuseau horaire standard, cela permet de réaliser des économies d'énergie : en faisant correspondre les heures d’activités avec les heures d’ensoleillement, les ménages et les lieux publics consomment moins d'électricité pour les éclairages artificiels.

Selon l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) "le changement d’heure permet des économies en énergie et CO2 réelles mais modestes, pour un coût quasi-nul de mise en œuvre". "C'est l'heure d'été qui permet de faire des économies d'énergie car on bénéficie plus longtemps de la lumière naturelle. L'heure d'hiver permet un retour à un fuseau normal du point de vue des créneaux horaires", explique à metronews François Carlier, délégué général de l'Association nationale de défense des consommateurs et usagers (CLCV).

Combien de pays y participent ?

Dans le monde, 70 pays ont adopté ce système. Chaque pays a ses propres dates, mais depuis 1998 celles-ci ont été harmonisées au sein de l’Union européenne. Les pays tropicaux ne l'ont tout simplement pas adopté, faute de variations saisonnières de luminosité. Certains sont tout simplement réticents comme le Japon, la Corée du Sud et l'Islande.

D'autres encore l'ont testé puis abandonné comme l'Arménie (2 012) et la Tunisie (2 009). En février 2011, le président russe d'alors, Dimitri Medvedev, a expliqué publiquement pourquoi la Russie décidait officiellement de ne plus changer d'heure : "cela déstabilise le rythme biologique de l'homme, cela irrite (sans parler des pauvres vaches qui ne comprennent pas pourquoi on vient les traire à une heure différente".

Quel impact sur la facture des ménages ?
Selon une étude de l'Ademe réalisée en 2009, les économies d'électricité liées au changement d'heure seraient de l’ordre de 440 gigawattheure (GWH) par an en France, soit l’équivalent de la consommation en éclairage d’environ 800.000 ménages. "Plus l’usage de produits et d’appareils à forte efficacité énergétique se généralisera, moins les bénéfices énergétiques de ce dispositif seront réels. Il garde de ce fait aujourd’hui toute sa pertinence", conclut-elle.

Mais selon les opposants à cette mesure, ces heures d'économies gagnées le soir seraient largement compensées par les dépenses de chauffage induites le matin. "L'éclairage pèse peu dans la consommation résidentielle des ménages, contrairement au chauffage. Mais d'un point de vue macroéconomique, il y a quand même une différence si l'on compte l'ensemble des foyers et des lieux publics", nuance François Carlier.

Est-il vraiment utile ?
Le débat fait rage depuis de nombreuses années. Dans son étude, l'Ademe précise que cette économie risque de diminuer d'année en année. La raison ? L'évolution des équipements à basse consommation. "Néanmoins, à l’horizon 2030, les économies d’énergie engendrées par le régime d’heure d’été subsisteront grâce au développement de technologies d’éclairage toujours plus performantes dans l’habitat. Il devrait alors atteindre 340 GWh", conclut-elle.

En ce qui concerne les usages thermiques – chauffage et climatisation – même si les économies liées au changement d’heure restent modestes, un gain de 130 GWh pourrait être attendu à cette même période. Outre des arguments économiques, les détracteurs évoquent l'impact de cette mesure sur la santé, notamment une fatigue plus importante chez les enfants. La communauté scientifique reste divisée sur ce sujet.

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