Perriscope #3 - Choisissons la France cet été !

Avec près de 90 millions de visiteurs en 2019, l'Hexagone est la première destination touristique mondiale. Qu'en sera-t-il cet été ? L'incertitude est totale. C'est notamment le cas autour du bassin d'Arcachon.

TRIBUNE - Le secteur du tourisme a été le premier impacté par la crise que nous traversons et le sera durablement. Chacun d'entre nous peut cependant lui donner un coup de main.L'éclairage de Pascal Perri, économiste et sur LCI avec Perriscope du lundi au vendredi.

Pour la première fois dans l’histoire de l’Humanité, la moitié de la population du monde est retenue à son domicile, sous la contrainte sanitaire. Le monde était en mouvement, il est à l’inverse depuis un mois en partie immobile. On est frappé de voir ces milliers d’avions stockés sur les taxiways des aéroports, ces hôtels fermés, ces restaurants vides, les grilles d’entrée des parcs de loisir bouclées à double tour. Le secteur du tourisme entendu au sens large, transport-hôtellerie-restauration-loisir a été le premier impacté par la crise et il sera celui qui paiera le prix le plus lourd sur une période plus longue. 

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Coronavirus : l'impact économique de la pandémie

Cette semaine, Jean Baptiste Djebarri, secrétaire d’Etat chargé des transports recommandait sur LCI de ne pas encore réserver ses vacances d’été à l’étranger. Il est encore tôt pour fixer les contours du déconfinement mais nous savons avec certitude que certains pays, comme l’Espagne envisagent de garder leurs frontières fermées cet été et que d’autres ont conditionné la réouverture de leur espace aérien à la disparition totale du virus, autant dire, dans longtemps. 

La crise sanitaire peut s’estomper ici ou là, l’onde de choc elle ne disparaîtra que très progressivement. Dans le secteur du tourisme, la crise aura des effets directs, indirects et induits jusqu’à 2022, pour les professionnels qui lui survivront. Ce vendredi 10 avril 2020, Daniel Cohen, économiste estimait face à Elisabeth Martichoux sur LCI que "beaucoup de régions touristiques vont subir un choc considérable cet été". Ce choc sera vraisemblablement prolongé en raison du profil des consommateurs de tourisme et de loisir. Il s’agit souvent des seniors, la population la plus consommatrice de produits et de services touristiques mais aussi la plus à risque dans un cadre épidémique. 

La place de train vide, la chambre d’hôtel ou la table inoccupées sont perdues pour toujours ! - Pascal Perri

Chaque année, les pays de l’UE accueillent entre 700 et 720 millions de visiteurs selon les chiffres de l’Organisation mondiale du tourisme. La France est en tête du classement des pays touristiques. En volume, nous recevons chaque année environ 90 millions de visiteurs, dont certains pour de très courts séjours. La consommation touristique intérieure représente environ 7% du PIB, soit un peu plus de 200 milliards d’euros. C’est une richesse française incontestable, en particulier pour de très nombreuses régions, dont celles de la façade maritime. Cette année au moins, pour soutenir l’industrie du tourisme, choisissons la destination France pour nos (courtes) vacances d’été. 

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La force de frappe touristique française s’adosse à une forte capacité d’hébergement  (156 000 établissements touristiques d'hébergement en 2018) et à une offre diversifiée de produits ; tourisme balnéaire, historique, musical, d’aventure… Avec sa géographie variée, ses traditions et son patrimoine, la France est en soi un marché touristique attractif. Nous sommes donc collectivement appelés à (re)découvrir nos territoires ! 

Nous devons le faire pour maintenir sous tension nos outils de production. Le transport, l’hôtellerie, la restauration ou les loisirs forment ce que les économistes appellent des activités de capacité. Dans ces secteurs, la production n’est ni stockable ni reportable, elle se détruit au fur et à mesure du temps qui passe. La place de train vide, la chambre d’hôtel ou la table inoccupées sont perdues pour toujours ! Ces activités sont liées au flux constant de la demande. Certaines d’entre elles comme la restauration offrent de surcroît la particularité de consommer des charges fixes élevées et des charges variables plus faibles. Quelque soit la "quantité d’offre" vendue, les charges fixes restent à payer. Ces activités dépendent de la conjoncture. Moins de demande et certaines d’entre elles sont menacées de mort. Pour toutes ces raisons et pour ceux qui le pourront, choisissons la France cet été…

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