Petits entrepreneurs : faux annuaires, vraies arnaques !

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ESCROQUERIE - La répression des fraudes appelle les gérants de petites entreprises, auto-entreprises ou associations à se méfier des propositions d'insertion dans les annuaires professionnels. La prestation peut être facturée jusqu'à 1000 euros. Mais il est trop tard quand vous le réalisez. Voici 3 conseils pour éviter les pièges.

Vous venez d'ouvrir une PME, une auto-entreprise ou encore une association. Il y a fort à parier que vous recevrez très vite un courrier de la Chambre des métiers ou de Bercy vous proposant de vérifier vos coordonnées pour les inscrire dans un annuaire professionnel en version imprimée ou en ligne. Ravis à l'idée que vos futurs clients ou adhérents vous trouveront plus facilement, vous indiquez vos coordonnées dans le formulaire d'inscription, vous le signez et vous le renvoyez.

Surprise ! Quelques semaines plus tard, vous recevez une facture à laquelle vous ne vous attendiez pas le moins du monde. On vous réclame des sommes astronomiques (jusqu'à 1000 euros par an) pour des prestations souvent renouvelables automatiquement pour trois ans. Et si vous ne payez pas, certains n'hésitent pas à faire appel à une société de recouvrement de créances qui se chargera de vous harceler jusqu'à obtenir gain de cause.

Pratique déloyale

Vous réalisez alors qu'il ne s'agissait ni d'un courrier de la Chambre des métiers ou du ministère de l'Economie, ni d'un service gratuit. Contrairement à ce que les logos et les présentations ambiguës laissaient entendre. Que faire alors ? Rien, hélas. Vous êtes malheureusement coincé car vous avez signé donc donné votre accord. En outre, ces sociétés ont la plupart du temps leurs sièges à l'étranger, rendant toute poursuite vaine.
La pratique est tellement déloyale que la La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) appelle à la vigilance dans différents messages d'alerte diffusés ici et sur son site. L'organisme donne des conseils pour lutter contre ce type de manœuvre. Voici les trois principaux points à retenir. 

 Siège social à l'étranger : méfiance
Vérifiez si l'émetteur du courrier est bien domicilié en France, en tapant par exemple le nom de son entreprise sur  Infogreffe.fr . Si ce n'est pas le cas, redoublez de vigilance car en cas de problème, les chances d'aboutir sont très compromises.  

► Signature : attention cela vous engage
Avant de signer, lisez bien les blocs de petites lignes parfois relégués au verso du document. Parcourez-le en cherchant s'il n'y ne contient pas un nombre : celui u montant de la prestation. prenez le temps de comprendre ce à quoi vous vous engagez avant qu'il ne soit trop tard.

► Logos : à ne pas confondre avec ceux des sites officiels
La société peut se faire passer pour un organisme officiel en utilisant un nom très proche ou en copiant quasiment à l'identique un logo. Par exemple, "Annuaire des métiers et de l'artisanat" avec un logo utilisant le drapeau français peut faire croire qu'il s'agit d'un courrier de la Chambre des métiers et de l'artisanat.

Rappelons que toute entreprise qui ne s'y oppose pas figure gratuitement sur les  Pages jaunes

CONTACTEZ LA RÉPRESSION DES FRAUDES |
Lorsque la société a son siège en France, la DGCCRF peut adresser une procédure contentieuse pour publicité mensongère au parquet compétent. Vous pouvez également déposer plainte pour escroquerie au commissariat ou auprès du Procureur de la République. Le Tribunal correctionnel de Strasbourg a condamné en 2014 une société d’annuaires à 100 000 euros d'amende. Son gérant a écopé de deux ans d'emprisonnement, dont un an avec sursis.

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