Pourquoi les promotions pourraient désormais être (très) limitées dans les magasins de chaussures

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PRIX - La Fédération des détaillants en chaussures de France (FDCF) propose que les rabais soient moins fréquents et moins importants, avec une réduction de 20% maximum par exemple. Selon elle, ces promotions quasiment permanentes font perdre tout leur intérêt aux soldes qui, lorsqu'ils ne sont pas en trompe-l’œil, sont bénéfiques aux commerçants comme aux clients.

En finir avec les promos toute l'année et les pourcentages de réduction faussement colossaux : c'est ce que propose la Fédération des détaillants en chaussures de France (FDCF). L'organisme, qui regroupe 5.350 magasins, vient en effet d'adresser un livre blanc à Matignon et à Bercy contenant dix propositions visant notamment à revitaliser l'activité des détaillants dans les cœurs de ville.

"Entre les 'French days', le 'Black Friday', les ventes privées ou autres "prix anniversaire", le client est envahi par une quantité anormale de prix cassés. On vend des remises plus que des chaussures ou des vêtements et on perd de vue le vrai prix des articles", déplore Philippe Daquai, le président de la FDCF, joint ce mercredi 20 février par LCI. La Fédération préconise donc non seulement de "limiter le nombre de ces opérations commerciales" mais aussi de "limiter, par exemple, à 20% les rabais des prix liés aux promotions".  

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Il est nécessaire de revenir à la notion de prix de référence pour les soldes"- Fédération des détaillants en chaussures de France (FDCF), dans son livre blanc

Pas question pour les chausseurs, en revanche, de supprimer les soldes. A noter que le débat a été ouvert par le patron de la Fédération nationale de l'habillement (FNH). Celui-ci a interpellé fin janvier, lors d'un point presse, tous les acteurs du marché à "prendre le contrepied de la société de consommation pour sortir de la spirale mortifère des prix barrés tout au long de l’année et pourquoi pas, celui de ne pas faire de soldes ?" Pour le président de la FDCF, "cette période de déstockage est très importante pour la clientèle comme pour les magasins. Elle permet d'écouler les invendus de la saison passée, les dernières pointures ou demi-pointures restant, à un prix attractif pour tenter les clients". 

La fédération des chausseurs s'insurge cependant contre le phénomène des rabais en trompe-l'oeil affichés par des enseignes qui mettent en rayon avant les soldes une marchandise uniquement destinée à être soldée : d'après elle, il "est nécessaire de revenir à la notion de prix de référence, qui a perdu toute sa valeur depuis un arrêté de 2015. Le prix barré doit correspondre à un prix couramment utilisé pendant la saison dans le point de vente et non sur internet ou dans un autre magasin quand il s'agit d'une chaîne".

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Nous proposons d'institutionnaliser une fête du commerce de centre-ville"- La FDCF, dans son livre blanc

L’arrêté du 11 mars 2015 relatif aux annonces de réduction de prix à l'égard du consommateur ne définit en effet plus ce qu’est un prix de référence. Ce texte a remplacé un précédent arrêté du 31 décembre 2008 qui le définissait alors comme "le prix le plus bas effectivement pratiqué par l'annonceur pour un article ou une prestation similaire, dans le même établissement de vente au détail ou site de vente à distance, au cours des trente derniers jours précédant le début de la publicité". Le commerçant pouvait également utiliser comme référence "le prix conseillé par le fabricant ou l'importateur du produit ou le prix maximum résultant d'une disposition de la réglementation économique".

Pour renforcer l'attractivité des magasins, la FDCF propose en outre d'institutionnaliser une fête du commerce de centre-ville. "Des défilés de mode, des nocturnes, une tombola ou la distribution de petits cadeaux, par exemple, pourraient être organisés pendant ce moment d'animation et de lien social. C'est déjà le cas dans certaines villes. Mais il s'agirait, là, de retrouver cet événement chaque année à date fixe pendant un jour ou une semaine", précise Philippe Daquai.

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