Prélèvement à la source : le vrai/faux concernant vos impôts

Prélèvement à la source : le vrai/faux concernant vos impôts

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FISCALITÉ - Le prélèvement à la source de l'impôt sur le revenu va entrer en vigueur le 1er janvier 2019. Une réforme au centre de toutes les spéculations... à tort ou à raison ?

Les déclarations papier pour les revenus de 2017 sont envoyées à partir de cette semaine du 9 avril 2018. Ce sont elles qui détermineront ce que vous paierez en 2019, année d'entrée en vigueur du prélèvement à la source. Puisque vous connaîtrez en août 2018, en recevant vos avis d'imposition, le taux de prélèvement qui sera applicable entre janvier et août 2019. L'impôt sur le revenu sera alors collecté lors du versement de votre salaire, pension de retraite ou allocation chômage, et non plus un an après comme c'est le cas actuellement.  


Alors que certains redoutent une perte de confidentialité, que les entreprises se plaignent de la charge qui leur est attribuée, LCI vous dresse le vrai du faux de ce nouveau mode de prélèvement.

Le prélèvement à la source menace-t-il la confidentialité des revenus ?

NON. C'est l'une des spécificités françaises qui complique la donne : le quasi-tabou que représente le fait de divulguer ses revenus. Rassurez-vous : avec la réforme, le contribuable pourra opter pour un taux neutre ou individualisé afin que son employeur ne puisse pas "deviner", d'après son taux de prélèvement, le niveau de ses autres revenus ou de ceux de son conjoint. La somme totale versée au fisc sera la même, elle sera juste repartie différemment.

Ceux qui ne paient pas d'impôts aujourd'hui seront-ils prélevés ?

NON. Pour les salariés et assimilés : si vous êtes non imposable, l’administration transmettra un taux à 0% à votre employeur. Vous ne serez donc pas prélevé. Pour les indépendants, il n’y aura pas de changement par rapport à la situation actuelle : si vous n’êtes pas imposable, vous ne devrez rien verser aux services fiscaux.

2018, une année "blanche" ?

NON. En 2018, les contribuables acquitteront l'impôt correspondant aux revenus de 2017, en 2019 ils acquitteront le prélèvement à la source sur leurs revenus 2019. Il n'y aura pas d'année sans impôt, pas plus que d'année avec un double impôt. En revanche, les bonus, les primes et les revenus exceptionnels perçus en 2018 (les indemnités de rupture du contrat de travail, le dédommagement d'un changement de lieu de travail ou encore les sommes perçues pour la participation et l'intéressement) seront taxés en 2019.

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La question du jour : le report du prélèvement à la source aura-t-il un impact sur les revenus 2018 ?

Les entreprises, grandes perdantes ?

OUI ET NON. Au début de l'été 2017, un rapport réalisé pour la délégation sénatoriale aux entreprises évoquait un coût avoisinant 1,2 milliard d'euros. Celles-ci ont aussitôt mis les bras sur la tête, provoquant la réalisation d'une nouvelle étude. Réalisée à la demande du gouvernement par l'Inspection générale des finances (IGF) avec l'appui d'un cabinet d'audit privé, celle-ci a permis de calmer les esprits puisque le coût du passage au prélèvement à la source devrait plutôt se situer entre 310 et 420 millions d'euros. "Plus de 70%" du coût de la réforme provient du paramétrage des logiciels, la formation des utilisateurs et la communication auprès des salariés", souligne par ailleurs Bercy, qui avance des propositions pour alléger les modalités et les règles de gestion pour les collecteurs. L'union des artisans, commerçants et professions libérales (U2P) affirme par ailleurs que le dispositif devrait créer pour le chef d'entreprise "1h30 de travail supplémentaire par salarié chaque mois, ce qui représente une semaine de travail non rémunéré en plus par an pour l'employeur".

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