Prime Macron : pourquoi risquez-vous de ne pas la recevoir cette année ?

Prime Macron : pourquoi risquez-vous de ne pas la recevoir cette année ?
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COUP DE POUCE - La prime exceptionnelle, créée il y a un an par le chef de l'État pour répondre à la crise des Gilets jaunes, avait été versée par 400.000 entreprises à près de 5 millions de salariés entre fin décembre 2018 et mars 2019. Mais entre l'évolution du contexte économique et le durcissement des conditions, elle risque de ne pas avoir le même succès cette année.

Elle est parfois confondue avec la prime de Noël, dont le versement a débuté ce vendredi 13 décembre. La prime exceptionnelle, dite prime Macron, est, elle aussi, reconduite cette année. Mais à la différence du coup de pouce créé en 1998 et versé par l'État aux bénéficiaires des minima sociaux, le nouveau dispositif, annoncé par le chef de l'État le 10 décembre 2018 au plus fort du mouvement social des Gilets jaunes, a quant à lui vocation à soutenir le pouvoir d'achat des salariés. 

Il s'agit en l’occurrence d'une prime versée par les employeurs qui le souhaitent, sachant qu'elle est exonérée de cotisations et contributions sociales et d'impôt sur le revenu dans la limite de 1.000 euros par salarié touchant moins de trois fois le smic (3.600 euros nets).  

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Cette année, la prime Macron figure dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2020, adopté le 3 décembre en lecture définitive par l'Assemblée nationale. À noter cependant que le PLFSS doit encore passer l'ultime étape du Conseil constitutionnel avant que la loi soit publiée car il a fait l'objet d'un recours auprès de cette institution. 

L'an dernier, au titre de l'année 2019, les patrons avaient été nombreux à jouer le jeu : une somme de 400 euros en moyenne a en effet été versée à environ 5 millions de salariés dans plus de 400.000 établissements. Au total, le dispositif avait permis de distribuer 2,2 milliards d'euros de pouvoir d'achat supplémentaire, selon les chiffres du gouvernement. 

Les règles du jeu ont évolué par rapport à l'an dernier

Le succès sera-t-il également au rendez-vous en 2020 ? Pas si sûr. Comme le rapportent nos confrères du Monde, seules 29% des très grandes entreprises (contre 73% en 2019) sondées par le cabinet de conseil en ressources humaines Mercer ont l'intention de verser une prime Macron. 

II est vrai que l'appel de responsabilité sociale lancée par le gouvernement il y a un an est désormais loin. Le contexte économique a également changé, avec une courbe du chômage qui a notamment continué de baisser. En outre, les règles du jeu ont évolué. Une condition supplémentaire, difficile à remplir pour les petites entreprises, a ainsi été ajoutée : désormais un accord d'intéressement doit être mis en oeuvre à la date du versement. Toutefois, pour faciliter la tâche aux petites structures pour lesquelles sa mise en place est lourde, le gouvernement a prévenu que des dispositifs d'aide  à la rédaction d'accords d’intéressement seront déployés. L'accord pourra aussi exceptionnellement être conclu pour seulement un an au lieu de trois ans. 

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Voici les autres principaux changements intervenus par rapport à l'an dernier : 

• La période de versement a été allongée : la prime pourra être versée jusqu'au 30 juin (31 mars auparavant). 

• La date d'entrée du salarié dans l'entreprise a été assouplie : désormais il convient simplement que les employés soient en contrat de travail dans l'entreprise à la date de versement de la prime alors que l'an dernier ils devaient avoir été embauchés au plus tard le 31 décembre 2018. 

• La rémunération du bénéficiaire n'est plus calculée sur l'année civile (du 1er janvier au 31 décembre) mais sur les douze mois précédents le versement de la prime : le plafond pour profiter de l'exonération reste cependant fixé à trois fois le smic annuel sur le total de ces douze mois. 

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