Combien les masques jetables coûtent-ils à leurs vendeurs ?

Combien les masques jetables coûtent-ils à leurs vendeurs ?
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COMMERCE - Même à prix coûtant, les masques chirurgicaux ne peuvent descendre en dessous de 50 centimes en grande surface et quelques centimes de plus en pharmacie, en ce mois de juillet. Les effets d'un marché mondial qui dépend de l'offre et de la demande, désormais très fluctuantes d'un mois à l'autre.

Plafonnés à 95 centimes pièce (jusqu'au 10 janvier), ils reviennent cher à la longue. A raison de deux par jour, porter un masque chirurgical coûte ainsi jusqu'à 57 euros par tête et par mois, en les payant au prix fort. Dans la pratique, on peut aussi en acheter actuellement à partir de 50 ou 60 centimes l'unité dans la grande distribution et les pharmacies. Alors qu'on en trouvait pour quelques centimes avant la pandémie. Mais à combien ces professionnels les obtiennent-ils en amont auprès de leurs fournisseurs ?

"La boîte de 50 est actuellement vendue à 25 euros hors taxe [soit 50 ct HT le masque] par le grossiste répartiteur chez qui je me fournis. En juin, ce prix se situait à 32,50 euros [65 ct] et en mai à 38,50 euros [77 ct]. Les prix ont été multipliés par vingt en deux ans !", détaille un pharmacien joint ce mercredi 22 juillet par LCI. 

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Un marché "très fluctuant"

Même constat pour Jérôme Marty, président de l'Union française pour une Médecine libre : "En temps normal, les masques que j'achète pour l'établissement de santé dont je m'occupe sont vendus à 3,95 euros les 50 [8 ct pièce]", indiquait-t-il, invité la veille sur LCI. Quelques pharmaciens ont même été contraints de revendre à perte ces protections achetées en avril à "49,50 euros HT la boîte de 50, soit 1,04 euro pièce avec la TVA" (du fait que le prix de revente maximum autorisé est de 95 ct), rapporte, facture à l'appui, 60 millions de consommateurs.  

"Le marché des masques est en effet très fluctuant", observe Gilles Bonnefond, le président de l'Union de syndicats de pharmaciens d'officine (USPO), contacté ce mercredi par LCI. "D'abord très tendu en raison d'un déséquilibre entre l'offre et la demande, il s'est ensuite calmé car la population n'en a plus voulu après le confinement. Mais il pourrait de nouveau se tendre car la pandémie mondiale progresse. Globalement, depuis le début de la crise, les fournisseurs ont augmenté leur tarifs, car non seulement les fabricants, essentiellement chinois, ont eux-mêmes majorés leurs prix mais aussi parce que le coût du transport a augmenté", développe-t-il.

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Aux yeux du président de l'USPO, l'idée d'abaisser le prix plafond de revente au détail fixé à 95 ct par décret dans ce contexte où les prix des fournisseurs risquent de nouveau d'exploser a de quoi inquiéter. Sachant qu'au stade du grossiste, les tarifs ne tiennent compte ni de la logistique, ni de la TVA à 5,5% en l'occurrence, ni même des marges éventuelles du commerçant.

Éventuelles, car certains acteurs de la grande distribution assurent vendre leurs masques à prix coûtant (c'est-à-dire prix d'achat + logistique + TVA). C'est par exemple le cas des centres E.Leclerc qui achètent actuellement les masques à "46 ct", selon les précisions données lundi 20 juillet sur LCI par Michel-Edouard Leclerc, et qui les revendent au prix final de 50 ct pièce, soit leur coût de revient, généralement 10% plus élevé que le prix fournisseur. Disposant d'autres réseaux d'approvisionnement, la directrice d'un Bricomarché du Grand Est, indiquait mercredi 22 juillet au 13H de TF1 vendre également les masques à prix coûtant car elle n'a "pas voulu faire de marge dessus", à "59 ct" pièce cette fois. 

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