Quelle viande mange-t-on aujourd'hui ? Le poulet a grignoté le bœuf dans les assiettes

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ALIMENTATION - Bien que la quantité globale se soit stabilisée, la façon de consommer la viande a changé ces dernières années en France. Selon une étude de France Agrimer relayée par Les Échos, le poulet prend le pas sur le bœuf... en moyenne trois fois plus cher au kilo.

Mange-t-on réellement moins de viande qu'avant ? Privilégie-t-on la qualité à la quantité... pour ménager du même coup son porte-monnaie, sa propre santé voire la cause animale ? Dans les faits, il s'agit bien souvent là de simples déclarations de bonnes intentions, à en croire les statistiques compilées par l'établissement national France Agrimer (à partir de données du spécialiste des études de marché Kantar et de l'expert de la consommation alimentaire hors domicile Gira) dans une étude publiée le 2 octobre.

Ce rapport largement analysé ce mardi 15 octobre par nos confrères des Échos montre en effet que la consommation de viande n'a pas fléchi.  Les Français en ont absorbé en moyenne 85 kilos en 2018, soit la même quantité qu'en 2007. Un chiffre global qui masque, à première vue, la perte de vitesse du bœuf (en moyenne 23 kilos par personne en 2018 contre 26 kilos en 2007, -12% en douze ans) au profit de la volaille (30 kilos l'an dernier contre 23 kilos à l'époque, soit +23% en douze ans). Le porc conserve quant à lui sa première place même s'il est un peu moins présent dans les assiettes (32 kilos au lieu de 35 kilos, soit -7%).

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Comment manger moins de viande influence l'industrie

Pour expliquer ce recul des bovins dont la quantité consommée a chuté de 12% en douze ans tandis que la volaille a bondi de 23%, il faut chercher du côté des prix. Les différences sur l'étiquette demeurent en effet colossales avec, actuellement, "un rapport de un à trois entre le prix moyen du kilo de bœuf (16 euros) et le poulet standard prêt à cuire (5,40 euros)", selon les chiffres de Kantar cités par le quotidien économique. Moins abyssal mais tout de même considérable, "le rapport entre le porc (8,60 euros) et le bœuf, reste de un à deux". Et certes le bœuf à bouillir ou à braiser demeure abordable (8,50 euros) mais encore faut-il trouver le temps pour le cuisiner.

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À ces considérations financières, s'ajoute également un contexte qui ne joue pas en faveur de la viande rouge. En effet, une fois la frayeur de la vache folle passée, le bœuf pâtit désormais également "des mises en garde médicales sur la tension et le cholestérol ou les études établissant un lien entre une consommation importante et certains cancers" rappellent Les Échos.

Comment la consommation globale de viande parvient-elle malgré tout à se maintenir ? En restant très présente dans les plats préparés et en s'invitant toujours plus dans la restauration hors domicile, note encore l'étude. Ce qui ne bénéficie pas forcément aux éleveurs français, en tout cas en ce qui concerne la volaille dont la moitié des importations est consommée dans les fast-foods.  

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