Rabais, promotions... : la "guerre des prix" dans les hypermarchés va-t-elle durer ?

Rabais, promotions... : la "guerre des prix" dans les hypermarchés va-t-elle durer ?
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ENQUETE - Désertées par les clients pendant le confinement, les grandes enseignes tentent par tous les moyens d’attirer les consommateurs confrontés à une baisse de pouvoir d'achat due à la hausse du chômage. De quoi alimenter une nouvelle guerre des prix, dont les premières victimes sont à nouveau les producteurs.

Coupons de réduction, spots publicitaires à la télévision ou à la radio, prospectus dans les boîtes aux lettres… En cette rentrée, vous l’avez sans doute remarqué, les enseignes de grande distribution multiplient les promotions alléchantes. Prix bloqués ou en baisse, produits à prix coûtant, un produit offert pour un acheté… Face à la recrudescence de clients en manque de pouvoir d’achat, les hypermarchés ont entamé une féroce guerre des prix pour attirer les clients.

Au cœur de cette bataille, les marques des distributeurs. Pâtes, surgelés, lessives, cosmétiques, pas une catégorie de produits ou presque n’échappe à cette bataille, avec des rabais plus ou moins importants. Selon l’Institut Nielsen, les étiquettes en rayon ont ainsi baissé de -0,9% entre janvier et juin 2020. Dans l’alimentaire et les produits frais, les prix ont reculé de 1,3%. Et même de 2,2% pour la droguerie, parfumerie et hygiène. Conséquence directe, un chariot de courses qui valait 100 euros l’an dernier vous coûte aujourd’hui 98,70 euros. 

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45% des ménages français sont à 10 euros près quand ils font leurs courses.- Thierry Cotillard, président du groupe Intermarché – Netto

Dans le détail, on remarque que cette baisse est moins marquée dans l’alimentaire. La raison : les promotions et réductions sur cette catégorie de produits sont encadrées par loi Agriculture et Alimentation (EGalim) depuis maintenant deux ans. "Le discount promotionnel ne peut pas dépasser 34% dans l’alimentaire. En revanche, il n’y a pas de limite pour tout ce qui est entretien, hygiène et beauté. C’est la raison pour laquelle les promotions sont plus importantes pour cette catégorie de produits", explique Emilie Mayer, directrice de stratégie chez IRI.

Evitant de parler de guerre de prix, le patron d’Intermarché voit plutôt dans ces baisses le retour d’une forte concurrence pour répondre aux besoins des consommateurs. "45% des ménages français sont à 10 euros près quand ils font leurs courses. Notre rôle est de répondre à tous les Français et de proposer  nos produits alimentaires au meilleur prix", assure Thierry Cotillard, président du groupe Intermarché – Netto.

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Cette politique de prix cassés a aussi des conséquences pour les producteurs. François Rihouet, éleveur bovin en Normandie, en fait déjà les frais. Il y a six mois, les industriels lui achetaient sa viande au prix de 3,60 euros le kilo. Aujourd’hui, c’est 50 centimes de moins. L'agriculteur ne cache pas son inquiétude : "Cela dure depuis déjà plusieurs mois. Et là, on est à la limite du supportable", affirme-t-il. Une situation qui ne semble pas émouvoir outre mesure les grandes enseignes. A la guerre comme à la guerre... 

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