Report ou annulation de loyers ? Les commerçants aimeraient avoir le choix mais ils ne l'ont pas

Report ou annulation de loyers ? Les commerçants aimeraient avoir le choix mais ils ne l'ont pas
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REPRISE - Alors que Bercy annonçait début juin le report de trois mois des loyers des commerçants, frappés de plein fouet par la crise, dans les faits ce n'est pas aussi simple. Certains propriétaires réclamant leur dus.

Le commerce est sûrement l'un des secteurs les plus durement touchés par la crise du Covid-19. Toutes les boutiques ont été fermées pendant deux mois, et beaucoup de cafés et de restaurants le sont encore. Pour autant, les commerçants sont obligés de payer leurs charges, à l'instar des loyers, là où une annulation pure et simple aurait été de bon augure.

Un compromis a bien été trouvé avec certains bailleurs qui ont finalement accepté de reporter de trois mois les loyers, pour ceux qui en ont besoin, "quelle que soit la taille" de l'enseigne, a annoncé début juin le ministère de l’Économie et des Finances au terme d'une médiation, finalisée sous la forme d'une charte. Mais est-ce vraiment suffisant ?

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Je ne demandais pas grand chose, juste de me filer un petit coup de pouce, parce que pour moi le report de loyers ce n'est pas une solution.- Maxime Pezard, restaurateur à Versailles

Pour Sacha Burul, directeur d'un salon de coiffure à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), le retour à la vie active, après deux mois d'inactivité totale, est bien difficile. Dès le mardi 12 mai, soit le lendemain du déconfinement, il a reçu un appel de son bailleur : "Il m'a parlé de l'étalement de mes loyers, mais ils ne sont pas annulés", regrette-t-il.

D'autant que, après les salaires, les loyers représentent souvent la charge la plus importante des commerces. Ainsi, dans ce salon, c'est presque 20.000 € pour un trimestre. "C'est par mois, plus de 6200 € de loyer, poursuit le gérant. J'attends la fin de l'urgence sanitaire le 10 juillet, jusque-là malheureusement je ne peux pas honorer mes loyers." 

Même son de cloche pour Maxime Pezard, restaurateur à Versailles (Yvelines) : "Je ne demandais pas grand chose, juste de me filer un petit coup de pouce, parce que pour moi le report de loyers ce n'est pas une solution, c'est reporter un problème à plus tard", souligne l'entrepreneur.

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Du côté de cette autre commerçante versaillaise, le problème est double puisqu'elle a affaire à deux propriétaires différents pour ses deux boutiques de prêt-à-porter. Si le premier s'est montré plutôt conciliant en acceptant un report,  Wanda Rich a dû puiser dans sa trésorerie afin de payer le deuxième pour qui ce loyer est son seul revenu.

Ce qui représente, "en gros entre 1000 et 1200 € par local", dit-elle, reconnaissant qu'"il y a eu des choses de faites au niveau des charges sociales et patronales", mais qu'"en terme de loyers, dont c'est la plus grosse dépense, c'est compliqué". Et la situation ne devrait pas s'améliorer puisqu'après un bon redémarrage, les ventes se tassent depuis deux semaines. Alors si l'activité ne reprend pas suffisamment, cette commerçante insistera pour obtenir l'annulation des loyers. 

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