Canicule : les grandes enseignes respectent-elles vraiment la chaîne du froid ? On est allé vérifier

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COUP DE CHAUD – La chaîne du froid est-elle respectée dans les centres commerciaux français ? Après la diffusion jeudi d’une vidéo dénonçant de gros manquements dans un Carrefour City parisien, nous avons mené notre petite enquête dans d’autres enseignes de la capitale. Et le résultat... fait froid dans le dos.

Son doigt entre dans la glace comme dans du beurre mou. Autour de lui, réfrigérateurs et surgélateurs affichent des températures alarmantes. Un risque évident pour les consommateurs et en particulier pour les plus jeunes, s’offusque Gaspard Glanz avant de déverser sa colère sur le responsable de la superette. 

Ce vidéaste, gérant de la société de production Taranis News, a posté jeudi 22 juin une vidéo qui s’est répandue comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux. Une séquence où il constate que les températures des réfrigérateurs et surgélateurs d’un Carrefour City parisien sont beaucoup trop élevées (à savoir notamment : 16 degrés dans le rayon ‘poissons’, 25 degrés dans le rayon ‘charcuteries’). Regardez : 

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Si l’agressivité de Gaspard Glanz dans la séquence est condamnable, force est de constater que son reportage suscite le débat. Les superettes, supermarchés et hypermarchés respectent-ils scrupuleusement la chaîne du froid ? Surtout en cette période de l'année où les températures atteignent des records.

Pour se faire une idée, nous avons fait le tour d’une dizaine d’enseignes du XVIe arrondissement de Paris et de Boulogne-Billancourt. Dans un Carrefour Market, le thermomètre du rayon "viandes" attire immédiatement notre attention. Garni de steaks hachés frais et de nuggets de poulet, il affiche 11,8 degrés. Selon la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), ce type de denrées devrait pourtant être conservé au maximum à... 4 degrés. Soit quasiment 8 degrés de différence.

Plus loin, dans une enseigne Lidl, c’est encore le rayon " viandes" qui n’est pas à la température réglementaire, le thermomètre indiquant 9,1 degrés.

Mais c’est dans un Franprix, situé à quelques encablures, que nous constatons le plus gros manquement. Le thermomètre d’un réfrigérateur, regorgeant de saumons et autres denrées de la mer, affiche 15 degrés. Comme la viande fraîche, ce type d’aliments doit pourtant être conservé au maximum à 4 degrés, selon la DGCCRF.

Ce constat alarmant est-il lié aux très fortes chaleurs qui se sont abattues cette semaine dans la capitale ? Ou bien est-ce la conséquence d’une mauvaise gestion des équipes ? Chez Lidl, Nicolas Calo, responsable de la communication, l'assure : "Il s'agit d'un dégivrage, une procédure obligatoire et normale, qui peut faire monter la température du frigo jusqu'à 10 degrés. Cela n'a rien à voir avec la chaleur. En fait, ça se produit pendant plusieurs minutes tous les jours, pour le bon fonctionnement du frigo et ça ne rompt par la chaîne du froid. D'ailleurs, chez Lidl, des contrôles sont effectués tous les matins et une alarme indique au personnel tout dysfonctionnement". 

Même argument du côté de chez Franprix, où l'on nous indique qu'un "processus de dégivrage, qui dure de 15 à 20 minutes, est opéré deux fois par jour". "C'est calculé pour ne pas atteindre le coeur du produit", nous précise-t-on, assurant qu'après notre passage dans le magasin, un contrôle a été effectué : "Les frigos affichaient à nouveau 3 degrés, soit la température réglementaire." Chez Carrefour, en revanche, on explique ces températures élevées par "une panne". Tancé par Gaspard Glanz sur Twitter, le compte de Carrefour France a ainsi tenté de justifier les manquements dénoncés dans la vidéo : 

Joint par LCI par la suite, le groupe Carrefour précise que "la panne est liée à un dysfonctionnement du groupe frigorigène survenu cette nuit et non pas il y a sept jours comme l'avait indiqué le propriétaire de l'enseigne dans la vidéo".

Pour mémoire, "l'élévation de la température peut entraîner la prolifération de certains germes (salmonella, staphylococcus-aureus, listéria monocytogenes, etc.) et rendre alors le produit impropre à la consommation, souligne la DGCCRF. La listériose (due à la présence de listeria monocytogenes) est une maladie rare mais grave en particulier pour les personnes dont les défenses immunitaires sont affaiblies (femmes enceintes, nourrissons, personnes âgées fragiles, patients immunodéprimés)".

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