Revenus : Smic, prime d'activité, retraites... ce qui change au 1er janvier 2019

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EMPLOI - L'arrivée du prélèvement à la source, en janvier, va impacter les revenus des actifs comme des retraités. Mais cela ne doit pas occulter tous les autres changements qui concernent le monde du travail. Heures supplémentaires, compte professionnel de formation, prime exceptionnelle... voici les nouveautés qui vous attendent.

Que vous soyez actif ou retraité, vos revenus sont susceptibles de changer dès janvier. Des réformes, dont certaines sont passées à la toute fin du mois de décembre, sont directement liées aux revendications des Gilets jaunes. 


Suppression de la hausse de la CSG pour les retraités modestes, hausse du Smic conformément à l'inflation ou encore évolution du compte personnel de formation... LCI fait le point sur  les bonnes et les mauvaises nouvelles qui arrivent avec le Nouvel an. 

Prélèvement à la source : le grand basculement

La retenue de l'impôt sur le revenu directement sur le salaire devient effective. Cette réforme lancée par François Hollande et repoussée d'un an par Emmanuel Macron se concrétisera pour la première fois à la toute fin du mois, sur les bulletins de paie de janvier. Les indemnités de chômage, indemnités maladie ou maternité et  pensions de retraite sont concernées de la même façon par ce système. En revanche, les employés à domicile et assistants maternels travaillant pour un particulier ont un an de répit puisqu'ils ne seront quant à eux soumis au prélèvement à la source qu'à partir de 2020. 

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Prélèvement à la source : le mode d'emploi

Smic : + 1,5%

Il bénéficie d'une hausse automatique qui s'appuie sur l'inflation. Le Smic est donc revalorisé de 1,5%. Le salaire brut passe ainsi à 10,03 euros de l'heure (contre 9,88 euros auparavant). Pour un salarié aux 35 heures, cela revient à 1.521,22 euros brut par mois, soit 1.204 euros net. C'est 16 euros net de plus qu'en 2018. 

Prime activité : bonus de 90 euros autour du Smic

Un bonus de 90 euros est ajouté à la prime d'activité versée aux travailleurs ayant des revenus proches du Smic (entre 1 et 1,3 Smic). Ce coup de pouce supplémentaire bénéficie aussi aux personnes touchant 0,8 Smic ou 1,4 à 1,5 Smic mais dans des proportions moindres. Cinq millions de foyers sont éligibles à cette mesure. Il convient toutefois pour ceux qui ne sont pas déjà inscrits d'effectuer une demande sur le site de la Caisse d'allocations familiales. Un simulateur, qui sera à jour le 1er janvier sur son site, permet à chacun de vérifier.


Concrètement, cette hausse se matérialisera  le 5 février, date du versement calculé sur les revenus de janvier.  Avec la revalorisation du Smic (+1,5%), cela permettra d'atteindre la hausse de 100 euros promise par Emmanuel Macron.

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Smic : qui bénéficiera de la prime d'activité ?

CSG : suppression de la hausse pour les retraités modestes

La hausse de la contribution sociale généralisée (CSG) de 1,7 point est annulée dès janvier pour les retraités modestes. Toutefois, les intéressés devront continuer à la payer entièrement dans un premier temps. Ils se feront ensuite rembourser la différence de façon rétroactive au plus tard en juillet. 


Concrètement, la CSG repasse à un taux de 6,6% pour ces retraités dont le revenu fiscal de référence est inférieur à 22.580 euros (34.636 euros pour un couple), soit un revenu correspondant à une pension de 2.000 euros pour un retraité célibataire et sans autre revenu.

Heures sup : désocialisées et défiscalisées

Elles sont non seulement exonérées de cotisations salariales dès le 1er janvier (et non plus à partir de septembre ) mais aussi d'impôt sur le revenu (ce qui n'était pas du tout prévu initialement). Selon le gouvernement, cette mesure entraîne en moyenne un gain de 500 euros par an pour un salarié payé 1.500 euros net, d'après les calculs basés sur l'ensemble des heures supplémentaires effectuées dans le pays.

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Heures sup: qu'est-ce qui va changer ?

Prime exceptionnelle facultative : jusqu'à 1.000 euros

Les entreprises qui le peuvent sont invitées à verser (depuis mi-décembre et jusqu'au 31 mars) une prime exceptionnelle. Ce geste est exonéré de charges sociales et d'impôt sur le revenu jusqu'à 1.000 euros s'il concerne des salariés touchant jusqu'à 3.600 euros net par mois.


Différents groupes ont déjà annoncé qu'ils joueraient le jeu, à des niveaux variables : La Poste, la SNCF, Total, Orange, Altice, Free, Publicis, Michelin, Engie, Essilor, la RATP, le gestionnaire d'aéroports ADP, BPCE, Crédit Mutuel Arkéa, Dassault Aviation, Essilor, Lactalis, Galeries Lafayette, LVMH, Kering, Hermès notamment. 

Retraites : +0,3%

La revalorisation des pensions de retraite est limitée à 0,3%, soit largement en dessous de l'inflation qui pourrait atteindre 1,7% en 2019 selon les prévisions de la Banque de France.  Il s'agit donc d'un manque à gagner pour les retraités. 

Retraites complémentaires : fusion Agirc-Arrco

Les deux caisses de retraites complémentaires des salariés du privé, l'Agirc (pour les cadres) et l'Arrco (pour les non-cadres), fusionnent. Une mesure qui s'accompagne d'une augmentation des cotisations. Les nouveaux taux sont désormais de 7,87 % pour la première tranche et de 21,59 % pour la seconde, sans points supplémentaires pour les cotisants. Un système de bonus-malus temporaire est aussi instauré pour les personnes nées à partir de 1957.

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Retraites complémentaires : les salariés du privé pénalisés ?

Minimum vieillesse : + 35 euros

Le montant maximum du minimum vieillesse, techniquement appelé Allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa), atteint désormais 868,20 euros par mois pour une personne seule (et 1.347,88 euros par mois pour un couple). Cette prestation, qui s'élevait jusqu'ici à 833,20 euros, augmente donc de 35 euros. Ce coup de pouce de janvier 2019 est la deuxième des trois hausses promises par le gouvernement. L'Aspa avait en effet déjà bénéficié d'une revalorisation de 30 euros en avril et devrait à nouveau augmenter de 35 euros en janvier 2020. 

CPF : des heures de formations converties en euros

Le compte personnel de formation (CPF) n'est désormais plus crédité en heures mais en euros. Le taux de conversion a été fixé à 15 euros de l'heure par un décret paru mi-décembre. Par exemple, 100 heures accumulées deviennent 1.500 euros. Un travailleur à temps complet reçoit désormais sur son compte 500 euros par an, dans la limite de 5.000 euros (accumulés au bout de 10 ans). Exception pour les personnes non qualifiées, qui reçoivent pour leur part  800 euros par an (plafonnés à 8.000 euros).

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