Ségolène Royal interdit les sacs plastique : attention aux sacs oxodégradables !

Ségolène Royal interdit les sacs plastique : attention aux sacs oxodégradables !
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ENVIRONNEMENT - On peut lire sur certains sacs plastique qu'ils sont oxodégradables sans que l'on sache vraiment de quoi il s'agit. Ils sont pourtant controversés. Explications.

L'Assemblée nationale a voté début octobre le projet de loi de Ségolène Royal interdisant les sacs plastique à usage unique en 2016. Ils devront être remplacés par des sacs à base de matière organique – amidon de maïs, de pomme de terre, etc. – et recyclables dans des composts à domicile.

En attendant, les sacs dit "oxodégradables", "oxobiodégradables" ou "oxofragmentables" se présentent comme écologiques. On peut lire sur certains d'eux qu'en les utilisant on participe "à la protection de l'environnement". Mais c'est loin d'être prouvé.

Vos vieux sacs dans la truite que vous allez acheter demain ?

Car ces produits sont confectionnés à partir de dérivés du pétrole auxquels on ajoute des additifs. Ce sont de minuscules morceaux de plastique agrégés entre eux grâce à une sorte de colle dégradable à l'air. Mais c'est une fausse bonne idée en matière d'écologie : "Après un certain temps, le sac oxodégradable se fragmente en confettis. Ces résidus se retrouvent ensuite dans le sol ou dans la mer et peuvent entrer dans la chaîne alimentaire. Ils sont ingérés par des petits organismes incapables de les décomposer entièrement", explique à metronews Pénélope Vincent-Sweet, du réseau Prévention et gestion des déchets de l'association France Nature Environnement ( FNE ).

Mêmes craintes à l'Agence française de l’environnent et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) qui estime qu'ils pourraient générer des effets négatifs sur l'environnement à travers l'accumulation de résidus dans le milieu naturel. Pour être considéré comme biodégradable, 90% d'un produit doit être dégradé dans les six mois, selon les critères de la norme européenne EN 13432. Le plastique doit donc se décomposer sous l'action des bactéries, champignons, algues ou autres micro-organismes pour donner des particules d'eau, de dioxyde de carbone et/ou de méthane notamment. Certains fabricants de plastiques mettent cependant en avant des sacs oxobiodégradables qui, selon eux, ne sont pas constitués de collages de morceaux de plastiques et qui se dégradent à plus de 90% dans le sol en deux ans.

Pas de marquage clair

Le problème pour le consommateur, c'est qu'un sac oxodégradable a le même aspect qu'un autre sac. "Il faudrait des marquages clairs indiquant sur le produit qu'il est conforme à la norme européenne. Cela permettrait de différencier les sacs oxodégradables des sacs biodégradables ainsi que des sacs plastique classiques", souligne la spécialiste de l'environnement.

Une autre difficulté se pose au moment de jeter ces sacs à la poubelle. "Il faut les mettre avec les ordures ménagères résiduelles (la poubelle calssique, NDLR) et non avec les autres plastiques car ils posent des problèmes de recyclage", préconise-t-elle. Le projet de loi de transition énergétique adopté mi-octobre par l'Assemblée nationale prévoit, en vertu du principe de précaution, l'interdiction de la production, de la distribution, de la vente et de l'utilisation de sacs à usage unique en plastique oxofragmentable destinés au transport de marchandises. Le texte précise que cette interdiction pourra être levée une fois que la preuve de leur innocuité sera démontrée.

EN SAVOIR + >> Les députés interdisent les sacs plastique jetables

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