Sur les traces de Dracula en Roumanie

Sur les traces de Dracula en Roumanie

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VOYAGE - Qui se cache derrière le personnage assoiffé de sang abhorrant la lumière ? Pour le découvrir, direction la Transylvanie, au coeur des Carpates. Une escapade loin des clichés…

L’écrivain Bram Stoker, créateur du plus célèbre des vampires, n’y a jamais mis les pieds mais c’est bien là que tout a commencé. Au XVe siècle à Sighisiora, charmante bourgade de Transylvanie (centre de la Roumanie), la femme de Vlad II Dracul (autrement dit “Le Dragon” en référence à l’Ordre de chevalerie dont il est membre) donne naissance à un fils. Le petit Vlad ne développera pas de canines disproportionnées mais une impressionnante chevelure et surtout la fâcheuse manie d’occire ses ennemis en les plantant au bout d’un pieu. Cinq siècles plus tard, Vlad Tepes (littéralement l’Empaleur) inspirera un mythe exploité par une kyrielle de cinéastes, de Murnau à Coppola, en passant par Terence Fisher et Dan Curtis.

Aujourd’hui, sa maison natale, reconvertie en restaurant, propose notamment une délicieuse soupe servie dans un incroyable pain surprise ! Sachez qu’au pays de Dracula, la soupe fait figure de plat national : ne ratez pas celle aux tripes qui vaut à elle seule (ou presque) le détour dans la région. Avec les crudités au vinaigre, la crème à l’ail (tiens, tiens…) se révèle un autre incontournable de la cuisine roumaine. Quant aux délices carnées, elles sont déclinées à l’envi mais pour goûter de la biche, du faisan ou même de l’ours brun, rendez-vous plutôt au restaurant Vanatoreasc (Chez le chasseur), à Sinaia, où gibiers de tous poils ornent les murs autant que les assiettes.

Le mystère du tombeau

Sur la route, passage obligatoire au monastère de Snagov, posé au milieu d’un lac. C’est l’occasion de s’initier aux représentations religieuses propres à ce pays profondément orthodoxe, le deuxième au monde, après la Russie et avant la Grèce. Mais pas seulement. Derrière le choeur, un tombeau plutôt discret est en effet considéré comme celui du voïvode (prince) Vlad Tepes… bien que d’aucuns prétendent que des fouilles entreprises dans les années 30 l’aient trouvé vide. Pour la tête, rien que de très normal puisque les Turcs, ennemis jurés de Vlad, sont censés l’avoir réclamée comme gage de sa mort. Pour le reste, le mystère demeure entier.

Du ski au pays de Dracula

Près de Snagov et loin de ce climat sanguinaire, on préfère de nos jours enfourcher une... paire de ski à Poiana Brasov, véritable petite station de sports d’hiver offrant toutes les commodités modernes avec remontées mécaniques, centre équestre, patinoire, location de motoneige et hôtels des plus confortables.

Le restaurant Sura Dacilor (la hutte des Daces), en revanche, ne ressemble à rien de connu : on y déguste de roboratifs plats traditionnels, dont la Branza de burduf, un fromage fermenté entouré d'écorce d'arbre, au son d’un groupe folklorique, le tout arrosé d’un verre de Tuica, un alcool de prune 100% local. Les palais les plus délicats se réserveront plutôt pour le vin pétillant fort agréable produit dans la région et dont on peut découvrir tous les secrets en visitant les Caves Rhein, à Azuga.

Passage obligé par le château mythique

Dracula lui aussi possède désormais son propre vin. Enfin, si l’on veut : il est en tout cas vendu exclusivement au château de Bran, le monument le plus visité de Roumanie tant il est lié à la légende depuis que Bram Stoker l’a dépeint avec précision dans son roman. Vlad Tepes, quant à lui, y aurait bien passé un bref moment mais... en tant que prisonnier. Si quelques salles lui sont consacrées, on y apprend surtout l’histoire de la vie non moins épique de la famille royale de Roumanie, propriétaire des lieux.

Avant de regagner nos contrées moins agitées (quoique…), il faut absolument passer une soirée à Bucarest, dans le centre-ville : après un dîner au Caru cu bere (Chariot à bières), où l’on boit une excellente bière locale dans un cadre néo-gothique et une ambiance enfiévrée, les bars de la rue Lipscani font monter les décibels jusqu’au petit matin. C’est le moment de vous avertir : ici, Vlad Tepes tient plus du héros national ayant résisté à l’envahisseur que du personnage à grande cape et dents aiguisées...

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