Travail au noir : les secteurs qui fraudent le plus

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EMPLOI – Une estimation de l’Agence centrale des organismes de Sécurité sociale (Acoss) révèle que la fraude des entreprises dans les prélèvements sociaux s’élève à près de 7 milliards d’euros. BTP, restauration, services à la personne, qui sont les plus mauvais élèves ?

Le chiffre est élevé. L' Agence centrale des organismes de Sécurité sociale (Acoss) , qui pilote le réseau des Urssaf, pointe l’augmentation de 13% des redressements pour travail dissimulé pour l’année 2015. De plus, selon un chiffre révélé par Les Echos , le montant des prélèvements sociaux que les entreprises auraient dû payer atteint de 6,1 à 7,4 milliards d’euros par an. Le quotidien souligne que cette somme représente 2% du total des cotisations. Un chiffre trois à quatre fois inférieur à la fourchette calculée en octobre 2014, pour l’année 212, par la Cour des comptes.

Tous les secteurs d’activité ne sont pas égaux face au travail au noir. Certaines branches de métiers utilisent fréquemment le travail dissimulé. Pour en savoir plus sur la réalité de ces pratiques, la caisse nationale des Urssaf a réalisé une étude en 2012 après avoir inspecté quelque 4 000 établissements. En haut du podium, la restauration. Dans les hôtels, les cafés et les restaurants, 5,8% des salariés étaient concernés. Sur la deuxième marche du palmarès des fraudeurs, le commerce de détail alimentaire qui emploie 5,5% de travailleurs au noir. Avec 4,2% de salariés concernés, le secteur de la coiffure et de l’esthétique n’est pas loin non plus. Parmi les meilleurs élèves, le secteur de la banque et de l’assurance (0%) suivi par les services administratifs (0,2%) puis par les activités scientifiques et techniques (0,6%) et le domaine de l’industrie (0,8%).

Une autre enquête réalisée par l’Institut Market Audit pour le groupe O2 s’est également intéressée au phénomène. Elle soulignait que le travail dissimulé atteignait 54% pour le baby-sitting et 42% concernant l’accompagnement des personnes âgées.

EN SAVOIR + >>  La "liste noire" des entreprises condamnées pour travail illégal publiée sur Internet

Le BTP, un secteur très touché

Un bémol toutefois à ce palmarès, le BTP n’est pas pris en compte. Cette étude exclut les salariés du bâtiment pourtant très touchés par le travail dissimulé. Une précédente enquête publiée par l’Urssaf révélait qu’une entreprise sur sept (13,7%) dans le BTP avait recours au travail au noir. Selon Les Echos, un salarié sur huit est concerné. Alors que certains employeurs ne déclarent pas certains employés, d’autres cachent certaines heures. Et le chiffre est certainement plus élevé au regard des employés qui travaillent tard le soir, tôt le matin, le week-end, etc e qui échappent donc aux contrôles des inspecteurs.

En tête des régions fraudeuses : l’Ile-de-France où plus d’une entreprise contrôlée sur quatre a recours à ce travail dissimulé. C’est la région de l’Est qui arrive derrière. Les principales victimes sont les seniors : 18,5% des salariés de plus de 60 ans contrôlés ont été employés de manière illégale. Enfin, le taux de fraude varie selon le type d’activité. En 2013, c’est dans le domaine de la peinture et de la vitrerie que ce taux est le plus important avec un chiffre qui atteint 24% des établissements contrôlés. La construction des bâtiments arrive derrière avec 21,9% puis la plâtrerie avec 18,5%.

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