Trèfle à 4 feuilles, toucher du bois, casser un miroir : les origines de nos superstitions

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SUPERSTITION - Un quart des Français reconnaît être superstitieux, selon l'Observatoire du bonheur. Trèfles à quatre feuilles, toucher du bois, étoile filante... On vous explique d'où viennent ces croyances.

Ils convoquent la chance ou conjurent le mauvais sort. Les rituels et grigris traversent les âges sans prendre une ride. Si bien que, de nos jours, près d'un quart des Français se disent superstitieux, selon une étude* sur "Nos petits rituels du bonheur" réalisée par CSA pour l' Observatoire du bonheur et dévoilée par metronews ce mercredi 5 novembre 2014.

Croyances ancestrales

Du côté des porte-bonheurs, le pouvoir des trèfles à quatre feuilles est pris au sérieux par 49% d'entre nous, tandis que 46% croient à celui de toucher du bois et 45% à celui de voir une étoile filante. A l'inverse, 36% craignent de casser un miroir, 35% de passer sous une échelle et 31% de mettre le pain à l'envers.

"Ces superstitions sont ancestrales et prennent des aspects différents selon les religions et les époques", explique à metronews le neurobiologiste Jean-Pierre Ternaux, membre honoraire au CNRS et coordonateur de l'Observatoire du bonheur. Celui-ci nous a livré quelques clefs pour comprendre l'origine de trois d'entre elles.

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Trouver un trèfle à quatre feuilles porte bonheur

Dans la tradition chrétienne, cette forme rare de trèfle remonte aux origines de la création. Eve l'aurait ramené du Paradis et l'aurait diffusé sur la terre. Chaque feuille représente une vertu différente : l'espérance, la foi, la charité et la chance. Cette plante est l'objet de croyances multiples : chez les Grecs, Sophocle pensait qu'il renfermait un poison dangereux, tandis que, chez les Romains, Pline considérait que c'était un antidote à la morsure de serpent. Les chances d'en trouver un dans la nature sont faibles : de l'ordre de 1 sur 10.000.

Toucher du bois porte chance
Les historiens estiment que le rituel vient des Égyptiens de l'Antiquité. Dans leur religion, ceux-ci touchaient du bois pour se mettre sous la protection de Râ, le dieu du feu. Ils pensaient que le bois diffusait une forme de magnétisme bénéfique. Il fallait donc en toucher pour avoir de la chance. Puis, chez les chrétiens, la croyance remonte à la crucifixion du Christ sur la croix en bois. Toucher du bois est une forme de prière pour se prémunir de l'adversité.

Casser un miroir = 7 ans de malheur
La crainte que briser un miroir condamne à sept ans de malheur remonte à l'Empire romain. A l'époque, on croyait que les miroirs étaient le reflet non seulement des corps mais également des âmes. En casser un revient ainsi à abîmer l'âme. Cette période vient du fait que les Romains considéraient que la vie se renouvelait tous les sept ans par cycle. La malédiction devait ainsi courir jusqu'à la fin du cycle.

*Etude réalisée les 21 au 22 octobre 2014 auprès de 1001 personnes constituant un échantillon représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, interrogé sur internet selon la méthodes quotas en fonction du sexe, de l'âge, de la profession, de la région et de la catégorie d'agglomération.

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