Un fabricant néerlandais de vélo dénonce l’interdiction en France de sa pub "anti-voitures"

Un extrait de la publicité qui fait polémique.
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CENSURE OU COUP DE PUB ? - Le fabricant néerlandais de vélos électriques Vanmoof a dénoncé mardi un avis de l'autorité française de régulation de la publicité lui demandant de modifier un spot jugé anti-voiture. En attendant, la publicité fait le buzz sur les réseaux sociaux.

Interdire est le meilleur moyen de susciter la curiosité. Mardi, un fabricant de vélo a regretté que son nouveau spot vidéo ait été retoqué par le gendarme français des publicités. Celui-co met en scène des images reflétées sur la carrosserie d'une voiture sportive. On y discerne de vieilles cheminées d'usines fumantes, des embouteillages, un accident, puis la voiture se liquéfie pour laisser place à un vélo de la marque. 

Cette publicité a été autorisée et déjà diffusée aux Pays-Bas et en Allemagne, pour faire la promotion de vélos électriques, fabriqués par l’entreprise néerlandaise Vanmoof.

Sauf qu’en France, ce spot n’est pas passé. Mardi, l'autorité française de régulation de la publicité (ARPP) a demandé au fabricant de modifier ce spot jugé anti-voiture. Le courrier de l’ARPP, consulté par l’AFP, indique : "Certains plans présents dans le reflet de la voiture apparaissent, à notre sens, disproportionnés et jettent un discrédit sur tout le secteur de l'automobile en le mettant seul en cause (...) tout en créant un climat anxiogène. Ils devront donc être modifiés".

Un avis contre lequel Vanmoof s’insurge, suspectant l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP) de défendre les intérêts de l'industrie automobile. La marque a mis en ligne un texte, diffusé sur les réseaux sociaux, intitulé "Découvrez pourquoi notre publicité vient de se faire interdire par la télévision française".

Face à cela, la société Vanmoof réagit : "La décision de l'ARPP est assez troublante. Elle nous pousse à remettre en question la légitimité de cet organe qui apparemment défend les intérêts de certains secteurs et aussi de certaines entreprises", a déclaré à l'AFP Alfa-Claude Djalo, responsable des relations publiques de l'entreprise. "On a le sentiment d'avoir été censurés". Vanmoof indique cependant qu'elle n'envisage pas de faire appel ni de porter l'affaire devant les tribunaux. L'entreprise "préfère donner une visibilité publique" à ce qu'elle "considère comme une dérive". Et pas question de changer : d’après Alfa-Claude Djalo, la société "se refuse à faire toute modification, parce qu'on ne veut pas dénaturer notre vidéo et en faire une version édulcorée qui ferait plaisir à l'industrie automobile française".

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Une "instrumentalisation de la censure" ?

Mais Stéphane Martin, directeur général de l'ARPP, tient à tempérer les choses : "Pour la diffusion d'une publicité télévisée, l'ARPP délivre avant diffusion un avis systématique. Mais au final la responsabilité de diffusion relève des médias et des plateformes (…) C'est pourquoi l'instrumentalisation de la censure n'est qu'un artifice bien connu de certains acteurs pour avoir de la publicité gratuite", avance-t-il. 

Et là-dessus, l’ARPP n’a pas tort : ce mardi, les réseaux sociaux n’en finissaient pas de relayer les images de cette publicité "censurée". Visibilité assurée sans rien débourser. 

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