Comment voyager sans argent (ou presque) : des astuces et un état d'esprit

Mon argent

TOURISME - Vous souhaitez partir à l'aventure pendant vos vacances mais vous avez un budget proche de zéro ? Nans, qui parcourt le monde avec un baluchon dans l'émission télévisée "Nus et Culottés", nous livre ses conseils pour voyager à peu de frais. Transport, nourriture, logement, suivez le guide.

La démarche n'est pas donnée à tout le monde. Voyager sans argent, c'est avant tout un état d'esprit. A l'occasion du Mondial du tourisme, qui s'est tenu mi-mars à Paris, nous avons interviewé Nans, l'un des deux protagonistes de l'émission "Nus et culottés" sur France 5, pour recueillir ses conseils en la matière.

Dans l'émission, le globe-trotter démarre ses voyages avec un baluchon et des petites caméras et avance au gré des échanges avec les personnes rencontrées en chemin. Fort de son expérience, il nous donne ses solutions pour se rendre sur place et répondre à ces deux besoins élémentaires que sont la nourriture et l'hébergement.  

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LCI : Pour commencer, comment rejoindre sa destination gratuitement ou à peu de frais ?

Nans : Pour ceux qui voyagent seuls et ont envie d'aventure, je conseille l'auto-stop qui permet de faire de très belles rencontres. Le co-voiturage (avec participation aux frais) est à recommander aux femmes car il existe des systèmes pour sécuriser les profils et s'assurer de ne pas se mettre en danger.  

Pour sillonner les océans, optez pour le bateau-stop. J'ai traversé l'Atlantique par ce biais en 2008. Pour se mettre en relation avec les capitaines de voiliers, il existe des sites internet tels que Findacrew.com, Crewseekers.net, Bourseauxequipiers.fr, Bateau-stop.com, Equipier.fr, Co-navigation.fr. Ceux qui ont envie de voyager lentement, de prendre le temps de rencontrer les gens, les paysages, peuvent aussi se tourner vers les voyages en cargo, à condition cette fois d'avoir prévu un budget car la traversée est payante. L'avantage est que l'on peut embarquer seul, à deux ou en famille. On vit avec l'équipage du bateau, c'est hyper intéressant.

Pour se déplacer de façon écologique et gratuite, il y a bien sûr la marche et le vélo. Certains ont fait le tour du monde à vélo ! Tout dépend cependant de combien de temps on dispose.

Une fois arrivé, comment faire, ne serait-ce que pour manger ?

Pour se nourrir en mode alternatif, il est possible de glaner de la nourriture dans la nature. Nous connaissons tous certaines plantes telles que l'ortie, le plantain, les mûres... Retenez cependant cette règle : on mange uniquement ce que l'on connaît, ce dont on est sûr à 100%. Il existe d'ailleurs des formations sur les plantes comestibles.   

Il est aussi possible de récupérer les invendus à la fermeture des magasins ou des marchés, qui seraient jetés sinon. Je l'ai très souvent fait, c'est de la nourriture de très bonne qualité. Enfin, ceux qui souhaitent disposer de davantage d'autonomie dans leur alimentation peuvent acheter leur nourriture pour la cuisiner eux-mêmes. Cela nécessite un petit équipement (réchaud, ustensiles, boîtes en plastique) et une petite dépense mais bien inférieure au prix d'un restaurant ou à l'achat de repas déjà cuisinés.

Sans oublier que si vous dormez chez l'habitant, vous n'êtes pas forcément amené à contribuer avec de la nourriture. Vous pouvez par exemple proposant de cuisiner vous-même les aliments disponibles dans la maison. Cela peut constituer un bel échange. 

Si vous avez confiance en vous, toquez directement à la porte des gens- Nans

Justement, mis à part l'accueil chez l'habitant, où dormir ?

Pour s'héberger, les plus aventuriers peuvent dormir dans la nature. Camping sauvage, tente, hamac, tarp (NDLR : bâche tendue pour se protéger du vent et de la pluie), belle étoile... toutes ces techniques le permettent. Cependant, la plupart du temps, il est demandé de ne pas faire de feu, de ne pas laisser de traces et de lever le camp dès le matin. Installez-vous à l'abri des regards et évitez les propriétés privées, à moins d'y être autorisé.

Si vous préférez dormir chez l'habitant, il existe des réseaux d'hospitalité tel que le couchsurfing qui permettent de trouver des hôtes vous recevant gratuitement. Si vous avez confiance en vous, vous pouvez toquer directement à la porte des gens. Il vous faudra alors savoir partager votre projet et votre démarche.

Et si vous n'êtes pas à l'aise avec le fait de dormir gratuitement chez les gens, le principe de l'accueil contre du travail, ou Wwoofing, peut vous convenir (NDLR : acronyme de World-Wide Opportunities on Organic Farms, principaux sites : Wwoof.net, Woofinternational.org). Cela consiste à être hébergé et nourri en échange d'une aide à la ferme ou au jardin.

Y a-t-il des solutions plus adaptées aux familles ?

Oui, l'échange de maisons peut très bien correspondre à leurs attentes. Par exemple, si vous vivez à Paris et que vous rêvez de voyager en Australie, vous contactez via un site internet des personnes qui vivent là-bas afin d'échanger votre logement pendant la durée de vos vacances. (NDLR : Homeexchange.fr, Lovehomeswap.fr, Intervac.fr par exemple, accès gratuit aux annonces mais inscription payante pour concrétiser l'échange. Comptez par exemple autour de 85 à 130 euros pour une formule basique à l'année).

Cette solution présente également l'avantage de vous faire découvrir la façon de vivre sur place, avec éventuellement un accueil par les voisins quand ils sont prévenus et partants pour le faire.

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J'ai testé 24 heures en stage de survie

Dans l'échange, il est difficile de savoir qui donne et qui reçoit- Nans

Lorsqu'on est hébergé gracieusement, ne risque-t-on pas d'avoir le sentiment d'être un pique-assiette ?

Il est vrai que, lorsqu'on voyage sans argent, l'impression d'être un parasite est l'un des grands obstacles. Culturellement, nous n'avons pas appris à recevoir : nous avons intégré au plus profond de nous-mêmes qu'il faut payer ce que l'on reçoit. La manière de sortir de cette logique consiste à comprendre que l'argent n'est pas le seul moyen de rétribuer un service. Par exemple, offrir un cadeau, composer une chanson ou cuisiner une recette peut avoir beaucoup plus de valeur que de l'argent.

Il faut également avoir conscience que le don peut prendre différentes formes. Certains ressentent le besoin de donner des cadeaux matériels, d'autres des services, d'autres de la présence. Lorsqu'un voyageur est accueilli  par une personne très seule ayant rarement l'opportunité de partager son histoire avec d'autres, lui offrir simplement une écoute attentive peut être perçu comme un cadeau énorme. Chacun va trouver son équilibre entre ce qu'il offre et ce qui lui est offert. Si bien que dans l'échange, il est difficile de savoir qui donne et qui reçoit. La notion de parasite n'a alors plus lieu d'être.

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