Engouement pour les fleurs françaises, effet de mode ou tendance de fond ?

Engouement pour les fleurs françaises, effet de mode ou tendance de fond ?
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ENQUÊTE - Depuis la fin du confinement, les fleurs produites en France tirent leur épingle du jeu et bénéficient d'un souci des consommateurs pour la santé économique des producteurs et pour les filières courtes. Mais les fleurs françaises restent plus chères.

Vous demanderez-vous d'où viennent les fleurs que vous offrirez (peut-être) pour la fête des mères ? Depuis la fin du confinement, les consommateurs semblent s'intéresser à l'origine des fleurs qu'ils achètent aussi bien pour soutenir la filière que dans un souci de préservation de la planète. "Comme cela, on sait qu'elle n'ont pas fait quatre fois le tour de la planète", explique une cliente chez un fleuriste parisien. 

"La tendance est nette depuis de le déconfinement", renchérit Julien Rabot, fleuriste à Paris. "Je propose 30% de fleurs produites en France dans ma boutique et la demande est là ", poursuit-il (voir le reportage ci-dessus). A terme, il souhaiterait monter à 50% de fleurs françaises et pourquoi pas 100%. "Ce serait génial mais ce n'est pas réalisable pour le moment", estime Julien Rabot. Pas réalisable pour deux raisons. La production de fleurs a été divisée par deux en 10 ans et les fleurs françaises sont en moyenne 30% plus chères que leurs concurrentes étrangères. 

Des bouquets 100% français

Autre motif invoqué par Maxime François, un des principaux grossistes de fleurs au marché de Rungis, le manque de variétés. "Si je faisais venir mes roses du Var, je pourrai proposer cinq variétés de roses contre plus de 100 aujourd'hui", explique-t-il en montrant des rangées entières de fleurs venues de Hollande mais aussi d'Equateur ou de Kenya. Production à grande échelle, fleurs standardisées ont permis à la Hollande de dominer le marché. 

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La crise du Covid va-t-elle changer la donne et l'engouement pour les fleurs françaises perdurer ? Benjamin Perot, co-fondateur de "Monsieur Margueriste", un fleuriste en ligne veut y croire. Au début de confinement, il voit des producteurs jeter leurs fleurs faute de débouchés. Il décide d'en appeler quelques-uns et de leur acheter leur production au prix du marché. Vendus sur son site dans le cadre d'une action solidaire, les bouquets partent comme des petits pains : la start-up parisienne a doublé ses ventes pendant le confinement. 

Et depuis, le mouvement se maintient. Ses bouquets 100% français séduisent une clientèle soucieuse de traçabilité et de circuit courts. Un regain d'intérêt pour des fleurs locales et de saison, qui pourrait redonner de belles couleurs à l'horticulture française.

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