La crise accélère les difficultés du secteur : pourquoi les Français achètent-ils moins de vêtements en boutique ?

La crise accélère les difficultés du secteur : pourquoi les Français achètent-ils moins de vêtements en boutique ?
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COMMERCE - Sans client pendant deux mois, le secteur de l'habillement, déjà en déclin depuis quelques années, est frappé de plein fouet par la crise du Covid-19. Camaïeu, Celio ou encore Naf-Naf : la liste des marques en difficulté s'allonge chaque jour. Et les soldes ne vont pas forcément arranger les choses : les clients, eux, privilégient les achats en ligne.

Ce n'est pas nouveau : comme pour d'autres, l’achat sur Internet se banalise dans l'habillement, au détriment des ventes en boutique. Camaïeu, Celio ou encore Naf-Naf. Autant d’enseignes en difficultés financières depuis des années. En cause, des clients qui, au fil du temps, sont donc de moins en moins nombreux à se rendre en boutique. "Je fais mes achats principalement sur Internet. Je reçois ma commande chez moi ou dans un point relais", explique à TF1 une consommatrice, devenue cyberacheteuse. L’an dernier pour la première fois, les ventes sur Internet en France ont ainsi dépassé les 100 milliards d’euros. C’est quatre fois plus qu’il y a dix ans. 

Et l’épidémie de nouveau coronavirus (Covid-19) a donné un coup d’accélérateur à cette tendance, au point que certaines chaînes pourraient disparaître. Bon nombre de consommateurs, dont certains avaient pourtant encore l’habitude de se rendre en boutique, traînent en effet de plus en plus des pieds aujourd'hui, notamment à cause des restrictions pour lutter contre la propagation du virus. "Il faut porter un masque. Je dois déjà en porter un toute la semaine au bureau. Quand je suis en week-end, j’ai plus envie d’aller à la campagne ou dans la nature que dans un magasin", souligne une cliente. Pour d’autres, la crise sanitaire appelle à davantage de sobriété. "Le confinement m’a permis de prendre conscience que j’avais beaucoup trop de choses dans mon dressing et que finalement je n’avais pas besoin d’en acheter de nouvelles", confie encore une cliente.

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Cette année, en raison de la pandémie, les soldes ont été décalés de quelques semaines. Mais elles n’attirent pas les foules pour autant. Résultat : le panier moyen des clients continue de s’effondrer, souligne Luce Pressoir, responsable de magasin Mary Kimberley. "Les gens n’éprouvent plus le besoin et l’envie de toucher les matières, de voir les différentes coupes ou de faire des associations et de jouer à la poupée", déplore la gérante.

Pour Yves Marin, consultant associé au sein du cabinet Bartle, la crise du secteur de l'habillement n'est pas nouvelle. "C’est un marché qui a perdu en France 3 milliards d’euros au cours des dix dernières années. Ce marché est en décroissance. Cela s’explique par le fait que les Français achètent moins de vêtements car ils achètent d’autres choses, notamment des produits culturels ou technologiques", précise-t-il. 

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