Le paquet de cigarettes à presque 10 euros : comment se décompose le prix ?

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ARGENT - Avec la nouvelle augmentation du tabac entrée en vigueur le 1er novembre, le prix du paquet de cigarettes est passé à 9,3 euros pour les marques de références, et même à 10 euros pour certaines. Dans le détail, comment se décompose ce prix, notamment au niveau des taxes ?

Il y a 30 ans, le paquet de cigarettes coûtait 10 francs. Il coûte désormais six fois plus, 10 euros. Cette barre symbolique a en effet été franchie par quelques marques, comme les brunes françaises, ce vendredi 1er novembre, avec l'augmentation du prix - la neuvième du quinquennat Macron - de 50 centimes. Les marques de référence tournent quant à elles autour de 9,3 euros.

En se penchant sur le détail du prix d'un paquet, force est de constater que les taxes en représentent la quasi-totalité. Une petite partie est tout d'abord distribuée à l'industrie (68 centimes) et au buraliste (92 centimes), avant d'être soumise à la TVA (32 centimes).  Viennent ensuite 6,15 euros pour la taxe dite "DCT" (Droit à la consommation au tabac). Reversé à la Sécurité sociale, ce DCT est lui-même soumis à la TVA (1,23 euro). Au total, ce paquet de tabac à 9,3 euros est donc constitué de 7,7 euros de taxe, soit 82% !  

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Des prélèvements jugés stratosphériques par Nicolas Marques, économiste et auteur d'une étude sur le sujet. "Généralement, il n'y a pas de taxe sur la taxe. Or, en matière de tabac, vous avez les 20% de TVA standard. Mais en plus, vous avez donc 80% de TVA en plus. Dans votre paquet, vous avez donc autant de tabac que de TVA. Quand vous passez chez le buraliste, vous passez de fait chez le Trésor public", rappelle-t-il ironiquement à TF1.

L'objectif de ces augmentations est clair : faire diminuer la consommation de tabac, qui représente un coût non négligeable pour les finances publiques. Au total, ces taxes rapportent en effet 13 milliards par an à l'Etat. Or les fumeurs coûtent, eux, le double à la Sécurité sociale. La hausse des prix est-elle alors dissuasive ? Il a été prouvé que chaque augmentation de 10% permettait de faire baisser la consommation de 4%. Cela incite notamment les jeunes à ne pas commencer.  Au total, plus de 1,5 million de Français ont en tout cas arrêté de fumer ces deux dernières années.

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