Le livret A reprend des couleurs : PEL, PEA, assurance-vie... où placer au mieux votre épargne

Le livret A reprend des couleurs : PEL, PEA, assurance-vie... où placer au mieux votre épargne

PLACEMENTS - Le livret A attire de nouveau les épargnants malgré son faible rendement. Du livret PEL aux actions en passant par l'assurance-vie, voici les conseils d'un spécialiste de l'épargne pour gagner un peu plus que des miettes.

Malgré son faible taux d'intérêt annuel de 0,75% (rendement le plus bas depuis sa création en 1818), le livret A attire de nouveau les épargnants. Ceux-ci y ont déposé plus d'argent qu'ils n'en ont retiré en 2016, après deux années de décollecte. Résultat, l'encours de ce produit d'épargne atteignait 259,5 milliards d'euros le mois dernier, selon les chiffres publiés lundi 23 janvier 2017 par la Caisse des dépôts. Ce retour vers ce placement pourrait s’accélérer dans les mois à venir car son taux de rendement devrait augmenter pour atteindre probablement 1,25%, selon une nouvelle méthode de calcul que le gouvernement s'apprête à appliquer.  

Mais est-ce pour autant la meilleure façon de tirer quelques gains de ses économies ? Selon une étude d'Expert Market, les ménages français épargnent 3279,50 euros par an en moyenne. Ils arrivent ainsi à la sixième place des pays de l'OCDE qui mettent le plus de côté, derrière la Suisse (9936,59 euros), la Suède (5 751.78 euros), la Norvège (4 148.68 euros), l’Australie (4 139.45 euros) et l’Allemagne (3826.66 euros). Où placer cet argent au mieux ? Philippe Crevel, fondateur et dirigeant du Cercle de l’Epargne, explique à LCI.fr qu'il faut "accepter de prendre quelques risques pour faire augmenter son rendement". Que vous vouliez garder votre argent disponible ou que vous soyez prêt à le bloquer, voici ses conseils avisés.

Vous souhaitez pouvoir accéder à votre argent à tout moment

Les livrets d'épargne réglementés : sûrs mais peu rentables 

"Si vous souhaitez garder votre épargne disponible, pour l'utiliser immédiatement en cas de besoin, tournez-vous vers des placements faiblement rémunérés", conseille l'économiste. Il s'agit des livrets suivants :

- Livret A : il rapporte 0,75% par an depuis le 1er août, le plafond de dépôt est fixé à 22.950 euros.

- Livret de développement durable (LDD) : taux de 0,75%, plafond de 12.000 euros

Avantages ->  Ni impôts ni prélèvements sociaux, argent disponible immédiatement

Inconvénient -> Rémunération à seulement 0,75% (sauf livret jeune)

24,60 euros -> C'est ce que rapportent 3279,50 euros placés pendant un an

Notez que le Livret jeune (jusqu'à 25 ans) peut être  assez intéressant avec un taux au moins égal à celui du livret A (1,65% à la Banque postale, 1,75% au Crédit Mutuel, 2% à la BNP notamment) et un plafond de 1600 euros.

Les livrets d'épargne fiscalisés : des taux désormais ridicules

Ces produits bancaires sont passés de mode. "Les livrets fiscalisés ont pu être attractifs ces dernières années, mais ils ont perdu de leur intérêt aujourd'hui avec un taux de rémunération qui tourne désormais autour de 0,47%", prévient Philippe Crevel. Soit à peine 0,28% après impôt (24%) et prélèvements sociaux (15,5%). Il n'empêche que certaines banques proposent des taux promotionnels jusqu'à 3% et des bonus jusqu'à 120 euros pour attirer les clients. Mais uniquement pour trois mois. Après, la rémunération chute pour finir à 0,15% dans les pires cas.

Avantage -> des offres promotionnelles à saisir dans certaines banques les premiers mois

Inconvénient -> les taux chutent une fois passée la promo

9,31 euros ->  gains  pour  3279,50 euros placés pendant un an (hors promotion)

En vidéo

Réforme du livret A : ce qui va changer

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Vous acceptez de bloquer votre argent quelques années

PEL : un bon taux si souscrit avant février 2015

"Si vous avez un horizon un peu plus long, le plan épargne logement (PEL) est à privilégier, à condition que vous l'ayez ouvert avant le 31 janvier 2015, à l'époque où il était encore rémunéré à 2,5% brut, sinon optez pour le livret A", recommande Philippe Crevel. Car le PEL a chuté ces derniers semestres pour finir actuellement à 1% brut. Et c'est le taux au moment de la souscription qui compte. Pour profiter pleinement de ce placement, il est nécessaire de s'engager à verser un minimum de 540 euros par an pendant les quatre premières années.  

"Vieux PEL" : taux de 2,50% brut et 2,11 % net (prélèvements sociaux de 15,5% mais exonération d'impôt), plafond de 61.200 euros.

Avantage ->  taux compétitif et possibilité de toucher une prime de l'Etat pouvant atteindre 1525 euros si vous achetez un bien immobilier.

Inconvénient ->  engagement sur quatre ans

69,20 euros ->  gains  pour  3279,50 euros placés pendant un an

Assurance -vie en unités de compte : du potentiel et du risque

"Si vous avez un certain goût du risque, intéressez-vous aux contrats d'assurance-vie en unités de compte (épargne placée en actions, parts de sociétés ou fonds de placement), dont le rendement moyen avoisine les 5% actuellement. Un taux attractif qui nécessite cependant de choisir, sélectionner et diversifier vos supports financiers. Oubliez en revanche les fonds euros (épargne investie en emprunts d'Etat ou obligations) dont le capital est garanti mais qui n'ont rapporté que 2,30% en moyenne l'an dernier et sans doute moins à l'avenir", avertit l'économiste. En outre, dans tous les cas, vous bénéficiez d'une fiscalité avantageuse (7,5% d'impôt + 15,5% de prélèvements sociaux) si vous conservez votre contrat plus de huit ans. 

Avantage -> rendement attractif avec un taux moyen de 5% brut, soit 3,85% net.

Inconvénient -> vous prenez des risques et pouvez perdre une partie de votre capital en cas de baisse des marchés

126,26 euros -> gains  pour  3279,50 euros placés pendant un an

PEA : un placement risqué, qui rapporte et qui fait du bien au moral

Si vous souhaitez, d'une pierre deux coups, faire fructifier votre argent sans avoir peur de prendre des risques et soutenir l'économie européenne, tournez-vous vers le plan d'épargne en action (PEA). "Ce produit un peu délaissé ces derniers temps permet, à ceux qui le souhaitent, de miser sur des entreprises éthiques, responsables en matière d'environnement ou de politique sociale", rappelle Philippe Crevel. Pourvu de laisser son capital pendant au moins cinq ans, les gains sont exonérés d'impôts et uniquement soumis aux prélèvements sociaux de 15,5%. Un conseil : "Ne misez pas toute votre épargne d'un coup sur ce type de produit à risque, contentez vous d'en verser une partie chaque année. Car c'est la récurrence qui compte pour pouvoir lisser les gains et les pertes : ne perdez pas de vue qu'il y a forcément de bonnes et de mauvaises années".

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