Voiture au gaz naturel (GNV) :  une alternative méconnue aussi écologique que l'électrique

Voiture au gaz naturel (GNV) : une alternative méconnue aussi écologique que l'électrique

POLLUTION - Moins d'émissions de CO2, de NOx et de particules fines... le gaz naturel pour véhicules a de quoi séduire les automobilistes écolos. Il peut être fabriqué à partir de nos déchets (c'est alors du biométhane). Déjà utilisé pour faire rouler bus, camions-bennes, poids lourds et utilitaires, ce carburant vert est pour l'heure quasiment inexploité par les particuliers.

Bien plus propre que l'essence ou le diesel, il est (encore) peu utilisé en France. Le gaz naturel pour véhicules (GNV) présente pourtant de solides arguments en faveur de l'environnement. Ce gaz, essentiellement composé de méthane (CH4), est identique à celui utilisé pour cuisiner ou chauffer un logement. Comparé à un moteur à essence, il permet de réduire les émissions de particules fines de 93%, celles des oxydes d'azote (NOx) de 52% et celles de C02 de 23%. Ce qui lui permet d'arborer une vignette Crit'air 1 et d'obtenir une carte grise à moitié prix, voire gratuite, dans la plupart des départements. 


Mieux encore, quand il est issu de la fermentation des déchets agricoles ou des ordures ménagères, ce carburant, baptisé alors bioGNV ou biométhane, a un bilan carbone inférieur de 80% à celui de l'essence, selon L'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe). Au point que "le GNV notamment sous sa forme renouvelable et propre (le biométhane) est actuellement une solution alternative au diesel et à l'essence plus pertinente que l'électrique", estime Raymond Lang, spécialiste transports et mobilités durables à l'association France nature environnement (FNE), interrogé par LCI.

La possibilité de produire ce gaz naturel sur nos territoires apporterait une indépendance énergétique à la FranceRaymond Lang, France nature environnement

En effet, en prenant en compte les émissions de CO2 des centrales électriques, une voiture roulant au bioGNV se montre aussi vertueuse pour l’environnement qu'une voiture électrique rechargée avec de l'énergie produite par l’éolien ou l’hydraulique. Mais si l'électricité provient d’une centrale à charbon, le bilan devient plus favorable au véhicule bioGNV.  Par exemple,  une Panda roulant au biométhane ou à l'électrique issu de l'éolien émet 5g de CO2 par km, contre 119g/km si elle roule à l'essence, comme le montrent les chiffres publiés par Fiat dans le graphique ci-dessous. 

Sans oublier, ajoute le spécialiste de FNE, que "la possibilité de produire ce gaz naturel sur nos territoires apporterait une indépendance énergétique à la France, susceptible d'atténuer les tensions géopolitiques dans les zones refermant des ressources fossiles et minérales utilisées pour produire du diesel et de l'essence mais aussi des batteries destinées aux voitures électriques notamment."

22 millions de véhicules GNV dans le monde

En France 14.500 véhicules roulent déjà au GNV. Il s'agit avant tout de bus, camions-bennes à ordures, poids lourds ainsi que d'utilitaires. Deux-tiers des collectivités de plus de 200.000 habitants ont intégré des bus GNV à leur flotte, et les immatriculations de camions GNV doublent chaque année depuis trois ans, selon l'Association française du gaz naturel véhicule (AFGNV). Mais du côté des particuliers, les ventes restent insignifiantes.


Anecdotique, comparé au million de véhicules GNV que compte l'Italie, pays européen le plus avancé dans cette filière. A l'échelle mondiale, ce sont carrément 22 millions de véhicules qui roulent au gaz naturel. Plusieurs constructeurs, à commencer par Fiat en France, proposent des voitures bi-carburant ayant à la fois un réservoir GNV et un réservoir à essence. Sans oublier qu'il est possible de convertir les voitures essence au GNV pour environ 2000 euros. 

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Peu de stations

Reste la question du faible nombre de stations proposant du gaz naturel pour véhicules. Il y en a actuellement une centaine en France (carte établie par Gaz-mobilité.fr accessible ici), contre un millier en Italie, mais des ouvertures sont prévues. A noter : la panne sèche n'est pas à craindre dans la mesure où l'automobiliste peut toujours basculer sur le réservoir essence.

Tout porte à croire que ce carburant vert pourrait rencontrer un franc succès dans les années à venir. L'Ademe estime que les véhicules GNV pourraient accaparer 16% des ventes de véhicules particuliers neufs en 2035 et 32% en 2050. Soit un tiers du parc neuf. 

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