Corse : pourquoi autant de jeunes au volant d'une voiturette sans permis ?

Corse : pourquoi autant de jeunes au volant d'une voiturette sans permis ?

AUTO - Les voiturettes sans permis sont devenues le nouveau moyen de locomotion des jeunes sur le littoral méditerranéen. Entre 2016 et 2020, les immatriculations ont même doublé en Corse.

De la Corse à la Côte d'Azur, en l'espace de trois ans, les voiturettes sans permis sont devenues les nouveaux joujoux de la jeunesse dorée méditerranéenne. À l'image de Victoria, 14 ans que le JT de 20H de TF1 suit dans le reportage en tête de cet article. Avec son brevet de sécurité routière en poche, obtenu après seulement huit heures de formation, elle rentre désormais du collège au volant d’une voiture sans permis. 

"Le jour où j'ai eu la voiture, j'ai eu extrêmement peur. J'ai commencé un peu à paniquer parce que ce n'est pas la même chose qu'une voiture à l'auto-école où il y a un moniteur à côté, mais j'ai fait au fur et à mesure. J’ai commencé avec ma mère, et aujourd'hui, je suis à l'aise comme tous les conducteurs", raconte-t-elle. 

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De fait, les immatriculations des voitures sans permis (VSP) ont presque doublé entre 2016 et 2020 en Corse, les progressions étant de 45% dans le Var et les Alpes-Maritimes et de 30% dans les Bouches-du-Rhône, selon AAAdata, expert des données sur le parc automobile français. Au total, 15.500 VSP ont été immatriculées en 2020 en France, contre 13.000 en 2016 (+16%). Un succès favorisé par la législation qui depuis 2014 les a rendues accessibles dès 14 ans, contre 16 ans auparavant. Seule obligation : les jeunes conducteurs doivent passer le brevet de sécurité routière ou permis AM, soit huit heures de cours d'auto-école.

Bridées à 45 km/h

Ces véhicules thermiques, construits pour la plupart, par des marques françaises coûtent entre 10.000 et 18.000 euros. La petite dernière électrique revient, elle, à 6 000 euros. Certaines familles se sont même endettées pour la sécurité et l’autonomie de leurs enfants. "On peut rentrer seul quand on finit tôt, on n'a plus besoin des parents. Et le scooter ce n'est pas bien parce que c'est dangereux", confie une autre jeune conductrice. 

L’argument de la sécurité, justement, est déterminant pour les parents, plus que le prix. Résultat, dans une concession de Corse-du-Sud, qui prône avant tout la sécurité, on a vu le public changer et le chiffre d'affaires s’est envolé. "Avant, c'était des gens qui avaient perdu leur permis de conduire, maintenant, les conducteurs ont 14 ans", explique la responsable Marie-Josèphe Jiousse. 

Seul bémol quand on est décidé à acheter, il faut s'assurer. Et ce n'est pas une mince affaire au vu des tarifs proposés. Une maman témoigne : "Une assurance, ça tournait autour de 100 à 200 euros par mois, et là, j'ai eu la chance d'en trouver une à 55 euros, tous risques", dit-elle.

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Sur ces trois dernières années, les responsables de la sécurité routière confirment que très peu de ces véhicules ont été mis en cause lors d’accident. "Les jeunes sont beaucoup mieux protégés, ils sont carrossés, contrairement aux scooters ou trottinettes électriques, ils ont une ceinture de sécurité et ces voitures sont bridées à 45 km/h", indique à l'AFP Anne Lavaud, déléguée générale de l'association de prévention routière qui sensibilise chaque année 700.000 enfants.

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