Crise du gaz : comment nos voisins européens font-ils face à la flambée des prix ?

La centrale à charbon de Cordemais va continuer à fonctionner jusqu'à 2024.

SURCHAUFFE - Une hausse sans précédent des prix du gaz fait grimper la facture énergétique des pays européens. Dans l'urgence, les gouvernements utilisent les moyens dont ils disposent pour alléger la charge sur les ménages et les entreprises. Tour d'horizon.

Les prix de l'énergie n'en finissent pas de monter, partout en Europe. Pour soulager les ménages et les entreprises les plus fragiles, les gouvernements de nos voisins puisent dans l'arsenal de mesures à disposition immédiate. Relance des centrales à charbon au Royaume-Uni, coup de pouce financier en Italie, ou mesures fiscales en Espagne, tout est bon pour alléger la facture énergétique. Une situation qui inquiète sur le long terme, alors que l'hiver approche.

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Un peu partout en Europe, les prix du gaz atteignent des records historiques : entre avril et septembre, en deux temps, il a même quadruplé sur les marchés de gros. Une série de causes converge pour l'expliquer, certaines communes à tous, d'autres locales. Un hiver froid et prolongé avait déjà entamé les réserves, tandis que la reprise économique mondiale, à la faveur d'un reflux de l'épidémie, crée le même phénomène d'engorgement que celui qui génère des pénuries de matière première. En résumé : tout le monde veut la même chose au même moment, ce qui fait mécaniquement monter les prix. 

Par ailleurs, la dépendance européenne au gaz russe est en cause, et le soupçon pèse sur Moscou de rationner volontairement ses clients européens. La ministre américaine de l'Énergie Jennifer Granholm, a profité d'une visite à Varsovie pour s'insurger contre une "manipulation" des prix du gaz en Europe par le biais "de la thésaurisation ou de l'échec à fournir une offre 

adéquate". La Russie n'est pas citée, mais c'est bien elle qui est visée.

Les confinements et le télétravail ont aussi joué un rôle dans l'augmentation de la facture individuelle, même s'il est difficile à mesurer : plus présents chez eux, les ménages ont aussi consommé beaucoup plus d'énergie.

En Espagne, le levier fiscal et la colère qui gronde

En Espagne, les factures d'électricité auraient augmenté de 37% en un an. Des manifestations de colère ont poussé le gouvernement, accusé de soutenir d'abord les compagnies d'électricité, à intervenir. La TVA sur l'électricité a ainsi été divisée par deux, le tarif du gaz naturel a été plafonné pour les familles, et les producteurs seront surtaxés sur les bénéfices exceptionnels qu'ils retirent de la crise. L'Espagne est particulièrement exposée aux mouvements brusques des marchés de l'énergie, qui compte pour 11% de son indice des prix.

Le Royaume-Uni relance les centrales à charbon

Le Royaume-Uni est quant à lui particulièrement dépendant au gaz naturel pour sa production d'électricité, et il importe 50% de sa consommation. Cette fragilité est allée jusqu'à mettre sous tension son réseau d'alimentation, ce qui a poussé le gouvernement à relancer l'activité de plusieurs centrales à charbon. Un grand pas en arrière dans ce pays qui s'est fixé 2024 comme objectif de sortie définitive de l'énergie issue du charbon thermique. La hausse des prix du gaz a ici été aggravée par deux phénomènes annexes : un incendie ayant réduit son interconnexion électrique avec la France, et un affaiblissement du vent du Nord en septembre, qui a mis à l'arrêt les éoliennes. Celles-ci produisent désormais le quart de l'électricité du royaume, quand la météo ne leur fait pas défaut.

Alors que l'hiver approche et devrait augmenter encore la demande, plusieurs petits fournisseurs d'énergie ont déjà mis la clé sous la porte, tandis que des usines sont mises à l'arrêt faute de faire face aux coûts. Un effet domino est redouté, dans un contexte déjà très tendu de pénuries de matière première et de main d'œuvre. 

L'Italie met la main à la poche

En Italie, le Premier ministre Mario Draghi a annoncé une série de mesures pour un coût total de 3 milliards d'euros pour amortir la hausse vertigineuse des prix. Selon lui, c'est la seule façon d'empêcher que "les prix de l'électricité n'augmentent de 40% au prochain trimestre, et ceux du gaz de 30 %". Le gouvernement a en fait supprimé les "coûts d'infrastructure", qui s'ajoutent en Italie aux factures de gaz et d'électricité. Sans centrale nucléaire depuis plus de trente ans, l'Italie dépend très fortement du gaz, qui représente 35 à 40% de sa consommation d'énergie.

Et en France ?

La dépendance de la France au gaz est certes moindre, puisqu'elle représente environ 15% de sa consommation d'énergie primaire. Le gouvernement a toutefois opté pour un "chèque énergie" de 100 euros, qui sera versé en décembre à six millions de foyers français. L'Union européenne a promis de lister les mesures que peuvent prendre les États-membres tout en respectant les règles de la concurrence, une réaction jugée insuffisante pour les pays les plus touchés, dont certains comme l'Espagne réclament un sommet.

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