L'alcool nocif pour le cerveau, quelle que soit la quantité, pointe une étude britannique

Des bouteilles de champagne, en décembre 2020 à Ay, dans la Marne.

SOBRIÉTÉ - Une étude britannique, disponible en prépublication début mai, suggère qu'une consommation d'alcool, même limitée, pourrait avoir un effet négatif sur le cerveau.

"À consommer avec modération." La mention, répétée d’étiquettes en spots publicitaires, perdrait de son sens à la lecture d’une étude britannique disponible en prépublication, dans l’attente d’une relecture par les pairs, et relayée par le journal The Guardian. Les auteurs, chercheurs à l’Université d’Oxford, pointent les effets négatifs sur le cerveau associés à la consommation d’alcool, quels qu’en soient le type et la quantité.

"Nos résultats suggèrent qu'il n'existe pas de niveau de consommation d'alcool sans danger pour la santé du cerveau", exposent-ils, ajoutant même que "la consommation modérée est associée à des effets néfastes sur le cerveau plus étendus que ce qui était précédemment reconnu auparavant." 

Pour parvenir à ces conclusions, l’étude s’appuie sur la UK Biobank, une vaste base qui permet aux chercheurs d'accéder aux données biomédicales d'un demi-million de patients, collectées entre 2006 et 2010. Elle leur a permis d’inclure 25.378 participants qui ont déclaré un certain nombre de caractéristiques tels que leur âge, leur sexe, les habitudes de consommation d’alcool et des examens d’imagerie cérébrale.

Matière grise

Principal résultat : "un volume plus élevé de consommation d'alcool par semaine était associé à une densité de matière grise plus faible presque partout", écrivent les auteurs, qui estiment qu’il peut expliquer jusqu’à 0,8% des variations observées. Un chiffre certes faible, mais supérieur à tous les autres facteurs de risque modifiables étudiés, comme le tabagisme, avec lesquels il peut également se cumuler.

Lire aussi

Vin, bière, spiritueux : l’étude n’identifie pas de type de boisson plus inoffensive qu’une autre. En revanche, "la durée de la consommation d'alcool nécessaire pour avoir un effet sur le cerveau n'est toujours pas claire", reconnaissent les chercheurs, qui indiquent que certaines périodes de la vie, comme l’adolescence ou le grand âge, pourraient être associées à un risque accrue.

Ils recommandent donc de revoir les recommandations de consommation maximale faite aux populations au Royaume-Uni. Pour rappel, en France, les autorités sanitaires préconisent de se limiter à deux verres par jour, et d’observer au moins un jour d’abstinence par semaine.

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

EN DIRECT - Covid-19 : 12.096 personnes hospitalisées dont 2191 en soins critiques

Présidentielle 2022 : blessé au poignet en début de meeting, Éric Zemmour porte plainte

Un vaccin qui "n'empêche pas la transmission", est-ce vraiment "du jamais-vu depuis Pasteur" ?

Télétravail, vaccination des enfants... Ce qui pourrait être annoncé à l'issue du Conseil de défense lundi

Protocole sanitaire de niveau 3 à l'école primaire : ce que ça change

Lire et commenter
LE SAVIEZ-VOUS ?

Logo LCI défend l'ambition d'une information gratuite, vérifiée et accessible à tous grace aux revenus de la publicité .

Pour nous aider à maintenir ce service gratuit vous pouvez "modifier votre choix" et accepter tous les cookies.