Non, Auchan ne va pas interdire les paiements en liquide dans ses supermarchés

Seuls certaines caisses spéciales sont concernées.

EMBALLEMENT - De multiples internautes ont relayé une photo prise dans un supermarché du groupe Auchan. Un cliché qui leur a fait croire, à tort, que l'enseigne allait interdire les paiements en liquide.

Sera-t-il bientôt impossible d'utiliser des pièces ou des billets afin de régler ses courses au supermarché ? Des internautes les redoutent et partagent en masse une photo prise dans une enseigne Auchan. Près d'une caisse, on peut en effet observer une affiche expliquant aux clients que la "ligne de caisse va bientôt se moderniser". À compter du 8 mars, apprend-on, le "Rapid'Auchan n'acceptera plus d'espèces"

Toute l'info sur

L'info passée au crible

Les Vérificateurs, une équipe de fact-checking commune aux rédactions de TF1, LCI et LCI.fr

Sur Facebook, les réactions se multiplient et l'indignation domine. "Illégal !", réagissent certains, quand d'autres y voient la preuve d'un abandon programmé du liquide. Une disparition qui est régulièrement avancée en ligne et dont certains pensent qu'elle permettra à terme un contrôle accentué des populations. Comment ? Faire fi du liquide est présenté comme un moyen de pression, puisqu'il suffirait de quelques manipulations informatiques pour bloquer l'utilisation d'un compte bancaire et de moyens de paiement comme la carte bleue. Si la monnaie fiduciaire pourrait un jour bel et bien être abandonnée, la photo prise dans le magasin Auchan se révèle en tout cas totalement surinterprétée, ne concernant qu'une poignée de caisses.

Une interdiction empêchée par la loi

Un détail dans la partie haute de l'image permet d'identifier le magasin où a été pris le cliché. Il s'agit du Auchan situé au sein du centre commercial Gramont, à Toulouse. Pour en savoir plus, LCI s'est rapproché de la direction, qui explique n'avoir en aucun cas l'intention d'interdire l'argent liquide dans son magasin. Seules sont en effet concernées les caisses dédiées au service "Rapid'Auchan", qui permet de réaliser ses courses rapidement grâce à un petit scanner portable que le client utilise dans les rayons.

"Toutes les autres caisses continueront d'accepter les paiements en liquide, nous ne souhaitons exclure ou discriminer aucun consommateur", nous assure-t-on. L'enseigne toulousaine n'est d'ailleurs pas la seule concernée puisque d'autres magasins du groupe connaissent une évolution similaire, sans bannir eux non plus les pièces et billets pour les caisses plus "traditionnelles". Il faut d'ailleurs préciser qu'une telle décision serait illégale. Le site "Service public" est très clair sur le sujet : "Le paiement en espèces est le seul moyen de paiement que le commerçant est dans l'obligation d'accepter", indique-t-il. "S'il refuse, il est passible d'une amende de 150 € (2e classe). Par ailleurs, cette attitude pourrait être qualifiée de 'refus de vente' qui est une pratique interdite par le Code de la consommation."

Lire aussi

Les craintes qui entourent la fin potentielle du liquide ne sont pas nouvelles. Il y a un an presque jour pour jour, les Vérificateurs se penchaient sur des publications partagées au sein des réseaux de Gilets jaunes, et qui évoquaient la fin programmée de l'argent liquide d'ici la fin du quinquennat d'Emmanuel Macron. Des affirmations trompeuses puisqu'elles s'appuyaient simplement sur les propositions d'un rapport consultatif, rendu en juin 2018 par le "Comité action publique 2022". Ce dernier suggérait d'aller "vers une société 'zéro cash' pour simplifier les paiements tout en luttant mieux contre la fraude fiscale".

Du côté des administrations, l'argent liquide n'est pas vu comme un moyen de paiement du futur. On lui reproche notamment les risques de fraude, de blanchiment, mais aussi l'impossibilité de suivre les échanges et de les retracer. Si bien que des responsables de la Banque de France, prudents pour l'heure, commencent à expliquer qu'un jour "le cash finira par disparaître". L'abaissement du plafond pour les achats en liquide fait partie des mesures qui accompagnent ce mouvement de fond. Il est passé de 3.000 à 1.000 euros au premier septembre 2015.

Vous souhaitez réagir à cet article, nous poser des questions ou nous soumettre une information qui ne vous paraît pas fiable ? N'hésitez pas à nous écrire à l'adresse lesverificateurs@tf1.fr

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

42 jours au lieu de 28 entre deux doses de Pfizer et de Moderna : sur quoi se base Olivier Véran ?

Le vaccin Johnson & Johnson arrive ce lundi en France : ce qu'il faut savoir

SEPT À HUIT - La résurrection de Priscille, première femme bionique de France

Pourra-t-on se déplacer normalement cet été ?

EN DIRECT - Covid-19 : 30.671 personnes hospitalisées, dont 5838 en réanimation

Lire et commenter