Rappel massif de glaces : qu'est-ce que l'oxyde d'éthylène, la substance en cause ?

Rappel massif de glaces : qu'est-ce que l'oxyde d'éthylène, la substance en cause ?

INQUIÉTUDES - Les autorités sanitaires ont annoncé mardi soir que de "nombreux" lots de glace étaient visés par une procédure de retrait ou de rappel. En cause, la présence d'une "substance classée comme agent cancérogène". Explications en cinq questions.

Beaucoup de Français s'en donnaient pourtant à cœur joie. Disposant d'une liberté retrouvée et profitant des beaux jours, ils avaient fait le plein de glaces au supermarché. Mais l'annonce, mardi 15 juin, de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), vient jeter un froid.

D'après elle, de "nombreux" lots de crème glacée sont visés par une procédure de "retrait/rappel" car ils contiennent de l'oxyde d'éthylène, un produit interdit dans l'Union européenne.

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Qu'est-ce que l'oxyde d'éthylène ?

La DGCCRF précise que l'oxyde d'éthylène "est une substance classée comme agent cancérogène, mutagène et reprotoxique (CMR), dont l'utilisation est interdite dans l'Union européenne en tant que produit de protection des denrées alimentaires et des aliments pour animaux depuis 2011". En avril dernier, cette administration française expliquait déjà que ce pesticide "sert à désinfecter les produits". D'après l'ONG Foodwatch, il s'agit "d'un désinfectant gazeux, visant entre autres à éviter la formation de moisissures".

Dans quels aliments peut-on en trouver ?

En novembre dernier, la DGCCRF avait annoncé que de nombreux produits contenant des graines de sésame étaient visés par une procédure de "retrait/rappel" en raison de la présence d'oxyde d'éthylène. Étaient alors concernés, notamment, du pain nordique, du tofu multigraines, ou encore des graines de sésame en elles-mêmes. 

Pour ce qui est du rappel annoncé mardi par les autorités françaises, sont concernés des glaces et sorbets, donc, mais aussi des gâteaux apéritifs, des biscuits sucrés, des pains, des burgers, des biscottes, des céréales, des thés et cafés, des huiles et sauces, du fromage, des farines, ou encore des plats préparés.

Au total, depuis plus de dix mois, "plus de 7000 lots de produits" alimentaires ont été rappelés par les autorités sanitaires pour présence d'oxyde d'éthylène, a précisé la DGCCRF mardi. Car le problème remonte à loin.

Pourquoi des milliers de lots de produits sont-ils rappelés ?

L'origine de ces rappels remonte au 9 septembre 2020, lorsqu'"un opérateur italien détecte que des graines de sésame importées d'Inde comportent des résidus d'oxyde d'éthylène", avait expliqué un rapport sénatorial en février dernier. Le document évoquait également plusieurs hypothèses, comme celle "d'un traitement préventif par fumigation" afin de réduire d'autres risques tels la présence de salmonelles. Ou encore l'usage du produit en tant que pesticide durant la production.

Quel est le risque pour les consommateurs ?

Si la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes a précisé mardi que les résidus sont présents "à une teneur supérieure à la limite maximum réglementaire", elle a aussi ajouté n'avoir "pas connaissance de signalements d'intoxication de consommateur à l'oxyde d'éthylène en lien avec les produits rappelés".

"Depuis le début de l'alerte, aucun cas d'intoxication aiguë n'a été signalé aux autorités sanitaires françaises. Néanmoins, s'agissant d'une substance classée cancérogène, mutagène et reprotoxique, le principe de précaution veut que ces produits soient retirés", abonde le porte-parole de cette administration française, Romain Roussel, dans le reportage de TF1 en tête de cet article.

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En novembre dernier, la DGCCRF soulignait que "comme pour toutes les autres substances classées CMR, il convient de limiter au maximum l’exposition des consommateurs à cette substance, un risque pouvant exister en cas de consommation de produits en contenant sur le long terme". "C’est pourquoi l’Union européenne a choisi une approche précautionneuse, en fixant la limite maximale réglementaire de présence de cette substance au niveau de la limite de quantification en laboratoire, afin d’assurer une protection maximale du consommateur européen", pouvait-on aussi lire sur le site de la DGCCRF.

Le 20 avril dernier, l'association de consommateurs CLCV s'interrogeait toutefois : "Pourquoi la liste de produits rappelés continue de s’allonger alors que la Commission européenne a décidé de renforcer les contrôles aux frontières de l’Union européenne ?" Elle demandait également à disposer "des résultats de ces investigations" menées par la DGCCRF en lien avec la Commission, et "l'évaluation des risques pour les différentes catégories de produits concernés".

Que faire si vous êtes concerné ?

Les grandes surfaces ont l'obligation de retirer les produits concernés de leurs rayons. Pour l'heure, les consommateurs sont invités à consulter une liste, régulièrement mise à jour, sur le site de Bercy, pour vérifier s'ils sont en possession d'un produit concerné par ce rappel. Si vous en avez, vous pouvez les rapporter au magasin où vous les avez achetés et demander un remboursement.

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