Soldes : que vont devenir les (nombreux) invendus ?

Soldes : que vont devenir les (nombreux) invendus ?

COMMERCE - Alors que les soldes sont terminés, un bon nombre de chaussures et vêtements n'ont pas trouvé d'acheteurs. Déstockage, recyclage, braderie... où vont-ils finir ?

Dans cette période particulière de pandémie de Covid-19, les magasins de prêt-à-porter font grise mine, certains notamment en raison de leur présence au sein de grands centres commerciaux fermés. Si la durée des soldes d'hiver a été allongée de deux semaines (pour finalement s'achever le 2 mars), de nombreuses enseignes se retrouvent néanmoins avec des invendus sur les bras. Mais que deviennent ces invendus ? Pour certains, comme l'explique Johann Petiot, directeur général de l'Alliance du Commerce, ils peuvent être stockés pour une éventuelle revente sur les saisons prochaines. "Ce n'est pas valable pour tous les produits" nuance-t-il, interrogé par LCI. 

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Ce cas de figure concerne notamment Émile Wakselman, gérant du magasin "Mephisto" à Paris, dans le XIVe arrondissement. Ainsi, ses chaussures finissent à l'étage du bas, moins en vue, dans l'attente d'un coup de cœur d'un acheteur, peut-être l'hiver prochain. "Un jour, on m'a demandé si on détruisait les chaussures invendues. La réponse est non. On les vend progressivement, plus ou moins vite, c'est ça la question", explique-t-il au micro de TF1.

L'alternative des magasins de déstockage

Si Hervé dispose d'un stock conséquent pour garder ses invendus, ce n'est pas le cas de tout le monde, comme pour Brigitte Rouach, gérante du magasin "Caprices...", situé à deux pas. "Comme on n'a pas beaucoup de place, on avait envisagé de louer une pièce en plus", explique-t-elle. Heureusement, la commerçante a eu la bonne idée de commander peu de stocks. Deuxième solution : confier la vente de ces produits à des enseignes de déstockage.

"Vous pouvez les mettre dans des outlets, des magasins de déstockage, les vendre à des destockeurs en ligne ou à d’autres partenaires destockeurs qui ont leur propre réseau de magasins en France ou à l’international", développe Johann Petiot, qui ajoute qu'une autre alternative est possible, à savoir le recours aux associations : "Vous pouvez aussi en donner une partie à des associations. Ces dernières les mettent soit dans une boutique de seconde main, de recyclage, ou elles l’exportent sur d’autres marchés internationaux."

Un recyclage vers d'autres secteurs ?

Un recours aux destockeurs et aux associations qui "a été plus important" cette année, a constaté le directeur général de l'Alliance du Commerce : "Néanmoins, il faut aussi que ces réseaux-là arrivent à absorber le flux, notamment en raison d’un problème d’espace de stockage."

"Ces invendus peuvent également être recyclés, soit vers d’autres produits d’habillement, en déconstruisant les fibres pour en faire de nouveaux vêtements. Ils peuvent également donner vie à d’autres produits dans d’autres secteurs, comme l’automobile ou la santé ou même exploiter le plastique de ces vêtements pour en faire des bouteilles ou autre", poursuit-il. 

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Une braderie pour les commerces fermés ?

Johann Petiot propose également plusieurs pistes pour "écouler" les invendus. "Pour ceux qui ont été fermés en février et n’ont eu que 10 jours de soldes, il faut leur permettre, à la réouverture, de liquider ce stock avec une opération commerciale, une braderie sur 15 jours. Si ce n’est pas suffisant, il faut aussi mettre en place des mesures de trésorerie pour permettre aux commerçants d’avoir accès à de la trésorerie, notamment pour acheter leurs futures collections", indique-t-il. 

Avant de conclure : "Enfin, en termes de marges, il faut peut-être aussi imaginer un dispositif d’indemnisation des pertes engendrées par la dépréciation des stocks. (...) L’État a indiqué qu’il ne rachèterait pas les stocks, mais on peut imaginer des financements de trésorerie, en lien avec les banques, pour arriver à soulager les commerçants et leur permettre de continuer leur activité."

Le gouvernement a effectivement annoncé en début de semaine réfléchir à la mise en place d'un dispositif de compensation de la perte de valeur des stocks pour les commerçants. "On va regarder dans les prochains jours l'état des stocks" et faire en sorte que "ça ne pèse pas pour l'avenir", de façon à ce que les commerçants "puissent demain réinvestir et acheter du nouveau stock", a expliqué lundi le ministre délégué aux PME, Alain Griset.

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