Boum des crédits conso : l'UFC-Que Choisir craint une explosion des impayés

Boum des crédits conso : l'UFC-Que Choisir craint une explosion des impayés

RISQUES - Avec la crise économique engendrée par l'épidémie de Covid-19, les Français ont eu recours en masse aux crédits à la consommation. Une solution pourtant très dangereuse pour ceux qui y souscrivent.

Du jamais vu depuis près de dix ans. Ce mercredi, l’UFC-Que Choisir a rendu publique une étude mettant en avant la distribution irresponsable du crédit conso, alors que la Commission européenne dévoile aujourd’hui un plan d’action "pour purger les bilans des banques de leurs crédits 'pourris'". Ainsi, selon ses calculs, "les crédits conso en défaut pourraient dépasser les 12 milliards d'euros (+40%) en 2021", provoquant une déferlante de défauts de paiements de ces crédits à la consommation dans les mois à venir.

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L’association de consommateurs a donc appelé "les législateurs européens à contraindre les banques à proposer une mesure de restructuration dès le deuxième incident de remboursement et, en tout état de cause, avant la cession éventuelle d'un crédit douteux". "Les établissements de crédit ont une responsabilité majeure dans la gestion de ces impayés, afin d'éviter que les emprunteurs ne basculent dans le surendettement", ajoute l’UFC-Que Choisir dans son communiqué.

Des crédits aux taux très élevés

De son côté, la Fédération bancaire française a répondu que "les banques sont engagées à accompagner les clients dans leurs projets, et ne partagent pas les constats alarmistes" de l'UFC-Que Choisir. "La FBF tient à rappeler que les banques prêtent de façon responsable, veillent à la capacité de remboursement de leurs clients sur la durée du prêt, n’ont aucun intérêt à voir leurs clients ne pas pouvoir payer", poursuit le communiqué.

Interrogée par TF1, Maël Bernier, directrice de la communication et porte-parole de Meilleurtaux.com, indique qu’en temps de crise, "la solution traditionnelle des Français est de recourir aux crédits très courts, notamment aux crédits à la consommation, à la trésorerie, qui sont souvent à des taux assez élevés". "La tendance est de multiplier ces crédits à la consommation alors qu’il existe des solutions beaucoup plus prudentes, qui encadrent le crédit et qui permettent d’avoir des mensualités raisonnables", ajoute-t-elle.

Des crédits accordés (trop) facilement

Selon elle, le problème des crédits à la consommation réside dans le manque de contrôles des clients, ces prêts s’effectuent uniquement sur du "déclaratif". "Si demain vous faites une carte revolving ou un crédit renouvelable, on ne va quasiment rien vous demander, mis à part un RIB. Les crédits à la consommation sont accordés relativement facilement. Un organisme de prêt ne peut pas consulter de fichier dans lequel on signale qu’une personne a déjà quatre ou cinq crédits. Malheureusement, il faut une forme d’auto-censure des Français", développe Maël Bernier.

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Enfin, cette dernière aborde un problème que rencontrent de nombreux Français ayant recours à plusieurs crédits à la consommation : "Si on est dans une situation bancaire compliquée, si on a des problèmes pour rembourser l’ensemble de ses crédits, il faut faire appel aux solutions de regroupements de crédits, qui permettent de regrouper, sur une seule ligne de prêts, plusieurs crédits, et de rééchelonner votre dette."

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