Locations touristiques à Saint-Malo : des règles très strictes pour ne pas devenir "la Venise bretonne"

Locations touristiques à Saint-Malo : des règles très strictes pour ne pas devenir "la Venise bretonne"

RÉGLEMENTATION - Afin de contenir la multiplication des locations touristiques de courte durée, la mairie de Saint-Malo a instauré cet été de nouvelles règles. Chaque propriétaire ne peut désormais louer qu'un seul logement.

Nathalie loue trois appartements à Saint-Malo. Elle en a fait son métier et gère toutes les réservations depuis un site spécialisé. Mais cet été, la mairie a changé les règles du jeu : l'intéressée ne peut désormais louer qu'un seul de ses logements saisonniers. "Pour moi, c'est la reconversion ou louer à l'année sachant que je vais me retrouver avec des biens qu'il va falloir entretenir. Les charges foncières sur Saint-Malo sont très importantes, ça ne sera certainement pas le calcul que je choisirais", déplore-t-elle dans le reportage en tête de cet article.

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Beaucoup ont du mal à accepter cette nouvelle réglementation qui vise à réduire le nombre de meublés touristiques de courte durée. Depuis juillet, la ville impose en effet des quotas dans certains quartiers et restreint chaque propriétaire à une seule location. "On pouvait se retrouver avec certains quartiers, en particulier Intra-muros, la vieille ville dans laquelle nous sommes qui se trouve vidée de ses habitants et ça, nous nous y sommes très clairement opposés. Nous avons dit que Saint-Malo ne devait pas devenir la Venise bretonne", Jean-Virgile Crance, premier adjoint (LR) au maire. 

"Une montée des prix accentuée par les locations de courte durée"

Le phénomène s'est accéléré ces dernières années. Plus d'un quart des logements ont déjà été loués. Les habitants déplorent des nuisances au quotidien. Un collectif s'est même créé pour dénoncer les conséquences de ces locations de meublés touristiques sur le marché immobilier. "Il y a une montée des prix accentuée par ces locations de courte durée. Ce qui fait qu’effectivement, il était très difficile pour des gens qui, il y a 20 ans, auraient pu venir vivre à Saint-Malo, d'y rester. Ils sont soit obligés d'avoir des appartements ou des maisons moins importants, soit de se retirer dans les terres", explique Franck Rolland, co-fondateur de "Saint-Malo, j'y vis, j'y reste". 

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Certains loueurs ont attaqué la décision de la ville. Les plateformes spécialisées constatent déjà une baisse de leurs annonces. "Si le choix est de ne plus privilégier le tourisme, c'est autre chose. On aura des volets fermés 11 mois sur 12 ? C'est ça qui va dynamiser le centre-ville ?", s'inquiète Dominique Debuire, président de l'Union nationale pour la promotion de la location de vacances (UNPLV).

 Depuis cet été à défaut d'être loués, des appartements situés au cœur de la ville sont peu à peu remis à la vente.

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