Mini-crédits, maxi-taux : les pièges à éviter

Mini-crédits, maxi-taux : les pièges à éviter

PORTEFEUILLE - Permettant d'emprunter rapidement de petites sommes, les mini-crédits exposent ceux qui y souscrivent à des taux d'intérêt particulièrement élevés. Entre autres dangers.

Dans un contexte économique particulièrement difficile, les mini-crédits ont le vent en poupe. Et pour cause : ils permettent à tout un chacun d'obtenir, en quelques clics, jusqu'à 1000 euros. Sur l'un des sites proposant ces coups de pouce momentanés, il est  par exemple facile de souscrire un crédit de 300 euros à rembourser sous 30 jours. Mais l'opération donne lieu à 90 euros de frais, soit 30% du montant, comme on peut le voir dans la vidéo en tête de cet article. 

La pratique, bien légale, est risquée car les tarifs sont prohibitifs : "Ces taux sont bien supérieurs à ceux autorisés pour des crédits à la consommation", prévient en effet Matthieu Robin, de l'association de consommateurs UFC-Que Choisir. Les acteurs de ce secteur, sollicités par TF1, n'ont de leur côté pas souhaité donner suite. 

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Ces formules peuvent être tentantes : "Ça parait très alléchant, on peut craquer par facilité parce qu'on en a besoin à un moment t mais sur le long terme ça met vraiment en difficulté", regrette un ancien client. Des offres tellement alléchantes que le ministère de l'Économie surveille la situation de près. "Leur encadrement est au cœur de la révision de la directive européenne sur les crédits à la consommation, qui va rendre sa copie au début de l’été, car ceux qui souscrivent ce type de crédit n’ont pas une connaissance parfaite de leur coût total", fait valoir Bercy auprès du Parisien

Pour le journal francilien, le gouvernement évoque aussi "un modèle [qui] s'est construit au cœur d’une brèche juridique et a attiré plein de nouveaux acteurs". Cette "brèche juridique" repose sur la durée du mini-crédit, à savoir moins de trois mois. Grâce à cette subtilité, le dispositif n'est pas soumis à la Loi Lagarde du 1er juillet 2020, qui vise à lutter contre le surendettement et impose notamment aux créanciers d'afficher clairement les modalités du prêt.

Les mini-crédits "exposent l'emprunteur au malendettement"

C'est à ce sujet que l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) met en garde, dans les colonnes du Parisien. Elle note ainsi que "tous les acteurs ne présentent pas clairement les taux d’intérêt". L'UFC-Que Choisir a même décidé, début mai, de porter plainte pour "pratiques commerciales douteuses" contre trois acteurs du secteur. Car les mini-crédits, "comme n’importe quel crédit, exposent l'emprunteur au malendettement, ainsi qu’à des impayés susceptibles de fragiliser encore davantage son budget", expliquait l'association sur son site, en avril dernier. En cause, notamment, "des taux d'intérêt réels supérieurs au taux d'usure", le pourcentage maximal auquel un créancier est autorisé à prêter. 

L'enquête de l'UFC-Que Choisir soulignait aussi que hormis l'un des organismes créanciers, Cashper, "aucune de ces sociétés ne prend la peine d'avertir les internautes quant au risque de non-remboursement d'un crédit". "Un tel écueil est d'autant plus grave qu'elles (Cashper, Bling, Floa Bank) ciblent tout particulièrement les plus précaires (CDD, jeunes, fichés à la Banque de France, etc.)", pouvait-on également lire. En avril dernier, Matthieu Robin évoquait un phénomène touchant "autour de 200.000 consommateurs"

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Le député LaREM de Dordogne Philippe Chassaing, qui s'est vu confier, par Jean Castex, une mission sur le surendettement, alerte également : "Il y a un travail à effectuer pour responsabiliser ces entreprises qui proposent ces mini-crédits afin de les conduire à vérifier la solvabilité potentielle des ménages qui vont contracter ce type de crédit". Les parlementaires envisagent d'encadrer ces mini-crédits au plus vite.

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