VIDÉO - Produits à prix cassés : les secrets des déstockeurs alimentaires

VIDÉO - Produits à prix cassés : les secrets des déstockeurs alimentaires

AFFAIRES EN STOCK - Depuis dix ans, les déstockeurs alimentaires fleurissent partout en France. Quels sont leurs secrets pour défier la grande distribution ? L'émission de TF1 "Sept à Huit" a mené l'enquête.

Cécile et Hervé ont ouvert leur premier magasin de déstockage il y a cinq ans. Ils y ont investi toutes leurs économies : 50.000 euros. Avant de se lancer dans l’aventure, Cécile était assistante maternelle. Hervé, lui, était directeur d’une usine de charcuterie. C’est à force de voir le gaspillage alimentaire dans son entreprise qu’il a eu l’idée du déstockage. 

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Sept à huit

Leurs journées commencent à 6h30. À cette heure, dans le magasin, une dizaine de salariés est déjà sur le pied de guerre. Six jours sur sept, Hervé réceptionne la marchandise de deux semi-remorques, soit cinq tonnes en tout. Tous ces produits proviennent de fabricants qui n’ont pas réussi à écouler leur stock auprès de la grande distribution. Ce jour-là, il s'agit de chips chèvre miel en format maxi que les grandes enseignes ont refusées car la date de péremption est dépassée d’une journée. Le directeur l’assure : il n’y a aucun risque pour la santé. 

Mais les supermarchés tiennent à leur image de marque. Problèmes de packaging, de calibrage et même de codes-barres... les produits recalés se comptent à la pelle. "Sur ces yaourts, il y avait une promotion qui était à 4+2 offerts. Mais une fois que la promotion est finie, le code qui permet de retrouver le prix en caisse est désactivé. Donc il ne peut plus passer en magasin", explique Hervé dans la vidéo de "Sept à Huit" en tête de cet article. 

Des produits reçus en grande quantité

Parfois, des produits hauts de gamme sont recalés, comme, ce jour-là, des boîtes de foie gras avec une date de péremption en 2023. "Un industriel ne peut pas vendre des boîtes de conserves lorsqu’il reste moins de deux ans de date", poursuit Hervé. Ce produit sera vendu un peu plus de cinq euros, moitié moins cher que dans la grande distribution.  

 

Chez un déstockeur, il y a environ trois à quatre fois moins de références que dans un supermarché traditionnel. Le magasin d’Hervé en compte 2000, mais il peut recevoir des quantités astronomiques d'un même produit. La plupart sont vendus à moins 25%, mais le déstockeur doit parfois casser encore plus ses prix, comme sur les produits périssables tels que la viande. Des prix attractifs et une communication bien rodée. Et gratuite : Cécile photographie des nouveaux produits et les poste sur Facebook pour faire venir les clients. 

Des prix abaissés jusqu'à 50 centimes d'euro

De plus, Hervé négocie tous ses produits auprès de ses fournisseurs. 4,20 euros au lieu de 4,50 pour du poisson pané, 3 euros au lieu de 3,50 pour du jambon… chaque centime compte. Une heure avant la fermeture du magasin, le patron et son équipe repèrent les produits frais qui se sont mal vendus. Ceux qui périment le soir même sont bradés au prix de 50 centimes d'euro. "C’est toujours mieux que zéro", assure Hervé. L’opération fonctionne. Mais malgré ses efforts, une vingtaine d’articles devront être détruits. Le chiffre d’affaires de la journée s’élève tout de même à 7000 euros, "une bonne journée"

Des produits parfois périmés de plusieurs mois

Aujourd’hui en France, il y a plus de 3000 supermarchés de déstockage. Leur chiffre d’affaires a bondi de plus de 60% en quelques années. Dans la Sarthe, Philippe Froget possède quatre magasins. L’homme de 59 ans a passé toute sa vie dans les rayons. Avant d’être déstockeur, il était directeur d’un supermarché. Pour remplir ses 3000 mètres carrés de magasins, lui ne propose pas seulement des produits à date courte, mais aussi certains dont la date est dépassée, parfois de plusieurs mois, comme au rayon biscuit. 

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Cette particularité est bien précisée sur chaque produit et n’est donc pas illégale. Pour ce type d’article, il n’existe pas de date limite de consommation, mais seulement une date conseillée. Et visiblement, ça ne dérange pas les clients. Car la consommation de ces produits n’est pas dangereuse pour la santé, et seul le goût peut être altéré. 

Alors, Philippe goûte ses produits régulièrement. "Si on floutait la date, je suis sûr que les clients ne verraient même pas la différence", affirme son associé. Chaque année, ils détruisent quatre tonnes de produits pour des questions de goût.

Découvrez l’intégralité du reportage de Sept à Huit en tête d’article. 

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