Robots-cuiseurs : les dessous d'une guerre des prix acharnée

Robots-cuiseurs : les dessous d'une guerre des prix acharnée

CUISINE - Les ventes d'appareils multifonctions qui découpent, mixent, pétrissent et mijotent s’envolent malgré des prix parfois astronomiques. Pour s'attirer les faveurs des consommateurs, chaque fabricant a sa propre recette.

Des robots tout-en-un, qui vous trouvent l'inspiration pour le repas du soir avec des recettes directement intégrées dans la machine. Certains modèles proposent même de mettre tous les ingrédients et de programmer l'heure de mise en marche, le robot mijote et s'occupe de tout. Surfant sur la tendance du fait-maison et du "bien manger", toutes les marques d’électroménager disposent désormais de leur propre robot-cuiseur multifonctions. Star des cuisines, cet appareil est devenu un incontournable ou presque. Du modèle discount vendu à partir de 360 euros au plus de haut de gamme, dont le prix atteint l’équivalent de presque un mois de salaire, les ventes cartonnent depuis quelques années en magasin et sur Internet.

Leader historique sur ce marché, la marque allemande Vorwerk, qui commercialise le célèbre Thermomix, a sa propre recette pour séduire les consommateurs. Pas de campagne de publicitaire, des boutiques en nombre restreint… Le fabricant mise sur le bouche-à-oreille et les réunions à domicile où des démonstrateurs présentent le produit et ses fonctions. Une méthode qui peut paraître démodée à l’heure d’Internet. Mais la marque reste convaincue de son efficacité. "Notre priorité est de nous assurer que nos clients utilisent pleinement leur appareil, quasiment du matin au soir", explique au micro de TF1 Pierre-Yves Buisson, directeur général de Vorwerk.

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Les marques se livrent une guerre des prix

La bataille fait rage sur ce marché ultra-concurrentiel. Arrivé plus tardivement sur le marché, Lidl a fait le choix de miser sur le prix bas et la rareté. Les ventes flash de son Monsieur Cuisine Connect,  vendu sous la marque Silvercrest, n’ont lieu que deux fois dans l’année et déclenchent bien souvent des scènes d'euphorie. "Lors de la dernière vente, les 200 robots-cuiseurs en rayon sont partis au bout de dix minutes", raconte le gérant d’un magasin de l'enseigne hard-discount. Un succès qui s’explique également en grande partie par son prix. Le robot-cuiseur de Lidl vendu au prix de 359 euros coûte presque 1000 euros de moins que le célèbre Thermomix, dont le dernier modèle est commercialisé au prix de 1299 euros.

Comment expliquer alors une telle différence de prix ? D’abord, le pays de fabrication. Les modèles les plus chers sont fabriqués en France, tandis que ceux vendus sous la barre des 500 euros sont assemblés en Chine. Sont-ils moins performants pour autant ? Pas nécessairement, à en croire cette experte. "Ils tranchent, ils mixent, ils cuisent. Bref, ils font le job, pour résumer. En revanche, pour les modèles les moins onéreux, on peut se demander s’ils seront aussi résistants à l’épreuve du temps et aux nombreuses manipulations que l’utilisateur pourrait en faire", souligne Marie Ciolfi, chef du service Maison du site spécialisé Les Numériques.

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Lidl condamné pour violation de brevet

Outre la qualité des matériaux, les marques se livrent aussi à une véritable guerre des brevets. Car ces robots, dont l’usage est très facile, sont de véritables concentrés de technologie. "Cela fait neuf ans qu’on travaille sur notre robot Compagnon, qu’on l’améliore et lui confère de nouvelles fonctionnalités. Cela représente l’équivalent de 120.000 heures de recherche et développement et pas moins de 71 brevets", énumère Ronan Le Goueff, responsable développement Robots-cuiseurs au sein du groupe Seb. Des investissements importants qui expliquent aussi le prix plus élevé du produit. Avant chaque commercialisation, le produit subit par exemple une batterie de tests qui permettent de garantir sa solidité. 

Dernièrement, cette compétition a même terminé devant les tribunaux. Fin janvier, le tribunal de commerce de Barcelone a condamné Lidl à retirer de la vente son Monsieur Cuisine Connect. Selon la justice, le robot violerait le brevet du Thermomix de l'entreprise allemande Vorwerk, comme le rapporte le quotidien espagnol El Pais. De son côté, l’enseigne de hard-discount s’est empressée de rappeler à ses clients que la décision concerne uniquement l’Espagne et que les ventes de son robot-cuiseur continueront dans tous les autres pays.

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