Soldes, c'est parti : à quoi s'attendre avec le couvre-feu et l'abondance des stocks ?

Soldes, c'est parti : à quoi s'attendre avec le couvre-feu et l'abondance des stocks ?

CRISE SANITAIRE - Ce mercredi 20 janvier, les soldes d'hiver ouvrent leur saison 2021 dans un contexte difficile. Se déroulant cette année avec deux semaines de retard par rapport au calendrier initial, ce rendez-vous commercial est fortement bouleversé par le Covid-19. Explications.

C'est l'un des rendez-vous les plus attendus du mois de janvier. Le coup d'envoi des soldes d'hiver a été lancé ce mercredi 20 janvier, deux semaines après la date initialement prévue (le 6 janvier). Ils durent quatre semaines jusqu'au 16 février. Une saison 2021 qui sera hélas fortement perturbée par la crise sanitaire. 

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Les soldes d'hiver 2021

Dans le viseur des commerçants ? L'épreuve du couvre-feu à 18h. Alors que les enseignes doivent tirer le rideau plus tôt, elles ont aussi pour objectif de réduire au plus vite les stocks de vêtements qui s'empilent depuis un an. Mais un dernier facteur entre également en jeu : les clients seront-ils au rendez-vous ? Tour d'horizon de rabais hivernaux très particuliers.

Les ventes privées, une solution en période de Covid-19?

Avant les soldes, dès le 6 janvier, les clients fidèles pouvaient déjà choisir entre une avalanche de promotions et de ventes privées. "Notre priorité, c'est de vendre ce qu'il reste. Avec ce système, tout le monde est content", lançait Jean-Emmanuel Poncelet, gérant d'un magasin de vêtements à Brest. Ces ventes privées étaient réservées aux personnes présentes dans le fichier client des enseignes. En guise d'appât, les professionnels de la vente avaient envoyé un SMS à tous leurs fidèles consommateurs. 

Plusieurs chaînes - Monoprix, Camaïeu ou Zara notamment - ont aussi décidé de devancer l'appel des soldes. À travers cette initiative, les commerçants prennent de l'avant sur leurs concurrents et passent ainsi à l'offensive plus rapidement. Sur les étiquettes colorées, on peut voir afficher -50% à - 60%.  L'objectif de ces soldes anticipés est clair : vider une grande partie des stocks mais aussi se préparer face à un éventuel nouveau confinement.  

Quelle est l'ampleur des stocks actuels ?

Cette année, les commerçants se retrouvent avec une montagne de produits sur les bras. La faute au confinement et au couvre-feu ayant empêché les Français de craquer pour une nouvelle tenue. Avec le Covid-19, les clients commencent à avoir de nouvelles habitudes et le shopping fait moins partie de leur quotidien. "En télétravail, les gens ont moins besoin d'acheter de nouveaux vêtements", lâche un commerçant situé en région parisienne. À la veille des soldes d'hiver, le professionnel se retrouvait avec 20% d'invendus de plus que par rapport à l'année dernière. 

Même constat à Strasbourg. Laurent Zentz, gérant du magasin Élan Chaussures espère se délester d'une partie de ses produits. Dans sa réserve, 200 m2 de paires de chaussures attendent d'être vendues. Et le temps presse car la nouvelle collection arrive dès le mois de février. "On est confiants", affirme timidement le commerçant. 

Pour attirer les clients, les enseignes prévoient de casser les prix. "D'habitude, on commence à -20% mais là on va plutôt faire -50%", annonce le commerçant de la région parisienne. Mais ces rabais importants vont-ils suffire à attirer les clients ? Avec la crise sanitaire et l'incertitude liée au Covid-19, certains restent frileux : " Actuellement, on n'est pas payé à 100% alors on essaie d'économiser. On ne sait pas s'il y aura un autre confinement", admet un passant. 

Quel impact aura le couvre-feu ?

Les enseignes s'inquiètent des conséquences du couvre-feu sur leur activité. La fermeture à 18h pourrait en effet "représenter une baisse de chiffre d'affaires de 15 à 20%", selon Francis Palombi, président de la Confédération des commerçants de France (commerçants indépendants). "Sauf si on est confinés, les soldes peuvent être plutôt un rebond", estime-t-il donc. 

Pour la énième fois, les commerçants sont cependant obligés de s'adapter pour assurer leur prospérité. Et à chacun sa méthode. Dans un magasin de vêtements en région parisienne, les portes ouvriront une heure plus tôt que d'habitude. "On espère attirer les clients  qui venaient plutôt en fin de journée", explique pour sa part Fatima Daali, responsable de l'enseigne Promod. 

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Pour compenser les pertes liées au couvre-feu, l'Alliance du commerce réclame une ouverture les quatre dimanches durant cette période. Une façon aussi de "fluidifier les flux de clients sur tout un week-end", estimait Yohan Petiot, directeur général de l'Alliance commerce. Au lieu de se tourner vers les maires pour obtenir ce feu vert dominical, cette organisation demande au gouvernement d'accorder lui-même ces autorisations. Parmi les alternatives, certains professionnels comptent rester ouverts pendant le déjeuner à l'instar de Sylvain Partouche, responsable d'un magasin à Strasbourg. 

Par ailleurs, un canal ne sera bien sûr pas impacté par le couvre-feu : la vente en ligne. Depuis le début du confinement, ce moyen d'achat est devenu très prisé des Français. Selon Les Echos, des enseignes comme la Fnac ou encore Decathlon ont plus que doublé leurs ventes en ligne depuis le début de l'épidémie.

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