Télévision, smartphone... La location de longue durée, vraiment une bonne affaire ?

Télévision, smartphone... La location de longue durée, vraiment une bonne affaire ?

ÉCONOMIE - De nombreuses enseignes proposent des contrats de location de longue durée à leurs clients. Des mensualités alléchantes dont il faut toutefois se méfier.

Et si louer nos produits de consommation, pour les renouveler régulièrement tout en faisant des économies, devenait la norme ? En tout cas, les contrats de location de longue durée (LLD), réservés autrefois aux véhicules motorisés, s'étendent désormais à de nombreux produits.

Mais il s'agit de bien calculer la rentabilité de ces opérations. "Sur un an ou deux, c'est moins cher de louer un téléphone que de l'acheter neuf, affirme dans le reportage de TF1 ci-dessus Régis Koenig, directeur des offres services et durabilité chez Fnac-Darty, où les smartphones représentent 80% des locations de longue durée.  Au lieu de le payer 800 euros, ça coûtera 450 euros sur un an et 600 euros sur deux ans." Mais au-delà de trois ans, louer un téléphone portable n'est plus une affaire rentable.

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Même constat pour de nombreux produits électroménagers. Par exemple, louer un micro-ondes pendant quatre ans revient "à payer 656 euros au lieu de 399 euros (son prix initial, ndlr)", alerte Matthieu Robin, chargé de mission banques et assurances à l'association de défense des consommateurs UFC-Que Choisir. C'est un surcoût tout à fait important. Le consommateur n'est pas toujours informé de cela." 

Si le client mal-informé s'en aperçoit, impossible de rattraper le coup, la date de fin de contrat n'étant généralement pas modifiable. Le consommateur "est souvent aveuglé par la faible mensualité qui lui est proposé", dénonce la Cour des comptes dans son rapport public annuel 2021 publié mi-mars. Selon elle, il est souvent "privé de moyens lui permettant d’arbitrer entre un achat et une LLD, alors même que l’écart tarifaire peut être gigantesque. (...) L'opacité règne : une fois le contrat signé, il lui est impossible de prendre conscience de ce qui lui reste à payer, ce dernier n’étant pas informé durant l’exécution du contrat des loyers déjà versés et de ceux restant dus."

Instaurer un "cadre protecteur"

Un système d'autant plus pervers, d'après la Cour des comptes, que certaines enseignes exposent leurs clients à un surendettement. Elles ne vérifient pas la solvabilité des acheteurs et ne leur proposent aucun recours en cas d'accidents de la vie (maladie, perte d'emploi...), contrairement à un crédit à la consommation traditionnel. En cas de difficulté à rembourser, c'est la double peine pour le client, dans l'obligation de payer des intérêts liés au retard du paiement.

Sans parler des mauvaises surprises en fin de contrat. Après avoir loué son téléphone pendant un an, Jean-Patrice Pléplé a vite déchanté. "J'ai reçu un mail mentionnant que le téléphone que j'avais renvoyé ne fonctionnait pas alors que dix jours avant, il fonctionnait parfaitement, raconte ce Marseillais mécontent dans le reportage de TF1. Maintenant, on me réclame 230 euros de dédommagement. Concrètement ? Ils me demandent de payer un nouveau téléphone !" 

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Face à ces dérives mettant en péril la santé financière des consommateurs, la Cour des comptes réclame une "évolution du cadre juridique" afin de lutter contre cette pratique controversée consistant à "ne jamais devenir propriétaires d'un bien pour un coût prohibitif et sans bénéficier du droit à l’information et à la protection dont bénéficient les souscripteurs d’un crédit à la consommation, en opposition à la location avec option d’achat (LOA) popularisée par les constructeurs automobiles."

Dans la réponse qu'il a adressée à la Cour, le ministre de l'Économie et des Finances Bruno Le Maire avait annoncé ouvrir la porte à un "rapprochement" avec les règles du crédit à la consommation classique, "notamment en matière d'information précontractuelle du consommateur sur les risques encourus".

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